Braille

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Caractères en braille sur une rembarde des archives municipales de la ville de Marseille

Le Braille est un système d'écriture tactile à l'usage des personnes aveugles ou gravement déficientes visuelles. Le système Braille porte le nom de son inventeur, le français Louis Braille (1809-1852). Il avait lui même perdu la vue suite à un accident. Élève à l'Institut des jeunes aveugles, il modifie et perfectionne le code Barbier. En 1829 paraît le premier exposé de sa méthode.

Sommaire

[modifier] Introduction

De nos jours, d’énormes moyens sont mis en œuvre pour aider et intégrer les personnes aveugles ou mal-voyantes. Les médicaments contre la cécité font l’objet de recherches poussées. Régulièrement, de nouvelles techniques médicinales ou chirurgicales apparaissent. De nombreuses adaptations concernant l'accessibilité sont mises en œuvre pour leur faciliter la vie : des repères sonores ou tactiles et des reliefs au sol sur les passages pour piétons, des aménagements spéciaux dans les endroits publics etc.

De plus en plus de personnes souffrant de déficience visuelle ont pu être soignées grâce à un recours à la chirurgie moderne.

Louis Braille, lui-même privé de la vue, eut l'idée de former un tableau contenant un assemblage de points par caractère de n’importe quelle langue à caractères latins. C’est donc à cet ingénieux français que les mal-voyants doivent de pouvoir vivre presque comme tout le monde. Ils peuvent lire leur journal en buvant un café, se plonger dans un livre ou encore lire l’heure (avec des montres en Braille, bien entendu), et pratiquer à leur manière beaucoup d'activités nécessitant la vue.

Au XVIIe siècle, le jésuite italien François Lana imagine divers systèmes d’écriture codée pour aveugles. Il conçoit notamment un procédé d’impression en relief sur du papier épais ainsi qu’un « système permettant aux aveugles d’écrire couramment en traçant seulement des lignes et en faisant des points ».

Valentin Haüy fut l'un des premiers français à s'être intéressé aux problèmes de communication rencontré par les personnes aveugles ou malvoyantes. Né dans une famille aisée de Picardie en 1745, il étudia les langues à l’Université de Paris. C’est sans doute cette passion des modes d’expression qui le conduisit à s’intéresser d’abord aux sourds-muets, en simple « curieux », puis aux non-voyants. Il lui semblait que leur cas ne soulevait qu’un seul problème : comment leur permettre de lire ? Il trouva rapidement une réponse à cette question en mettant au point un système leur permettant de lire ou d’écrire aussi bien des phrases que des opérations mathématiques. Il l’expérimenta en obtenant l’autorisation de fonder une école pour enfants aveugles (en suivant l'exemple donné par l'abbé de l'Épée pour les personnes sourdes et muettes). Son écriture était composée de deux colonnes, ayant chacune de un à six points. Ainsi, les voyelles étaient identifiées par la présence d'un point sur la colonne de gauche. Le nombre de points sur la colonne de droite permettait de savoir auxquels des sons concernés on avait à faire.

Plus tard, Charles Barbier de la Serre, un ancien officier d’artillerie, se fascina pour ces recherches qui étaient, pour lui, un moyen de communication qui aurait permis aux soldats de lire et d’écrire dans le noir, sans être repérés ; mais son système n’eut aucun succès. Il décida alors de l’adapter en faveur des aveugles. À partir de 1821, Barbier a commencé à expérimenter sa méthode avec des élèves de l’École autrefois créée par Haüy, et devenue Institut Royal des Aveugles. Malgré la complexité de son système qu’il appela sonographe, les résultats furent concluants : la lecture s’est trouvée nettement améliorée. Barbier avait compris la supériorité des caractères formés de points sur ceux qui sont composés de lignes.

C'est à cette époque que Louis Braille, devenu aveugle, rencontra Charles Barbier à l'Institut Royal des Aveugles. Ce dernier apporta un système qu'il avait inventé ; il était constitué de 12 points qui, suivant leurs associations, permettaient d'écrire différents sons.

Louis Braille, intéressé par ce système de traduction du langage parlé, s'attacha à y trouver une adaptation plus simple et pratique. Il divisa le nombre de points utilisés par deux pour obtenir l'écriture en six points qu'est le Braille.

[modifier] L'alphabet Braille

En Braille standard, un caractère est représenté par la combinaison de 1 à 6 points en relief, disposés sur une matrice de 2 points de large sur 3 points de haut. Les points, par convention, sont numérotés de 1 à 6 (1 le point en haut à gauche de la matrice, 2 et 3 en descendant, la colonne de droite, de haut en bas également est numérotée de 4 à 6) et on peut ainsi nommer un caractère braille par l'ensemble des points nécessaires à sa réalisation. Par exemple, la lettre C se représente par les deux points supérieurs, soit la combinaison 1,4.

1 4 
2 5
3 6

[modifier] Lettres et chiffres

[modifier] Autres symboles

[modifier] Lettres particulières

[modifier] Ponctuation

signe      signe                         Point
Majuscule  Numérique   Point   Virgule   d'interrogation
.X           ..         ..       ..        ..
..           ..         XX       X.        X.
.X           .X         .X       ..        .X
Point     Point      Parent     Parent    Double   Trait
Virgule   d'exclam   Ouvrante   fermante  guill    union
..          ..         ..         ..        ..       ..
X.          XX         X.         .X        XX       ..
X.          X.         XX         XX        XX       XX
Apostrophe  Deux-points
  ..          ..      
  ..          XX               
  X.          ..

[modifier] Chiffres

 0     1     2    3     4     5    6     7     8     9
 .X    X.    X.   XX    XX    X.   XX    XX    X.    .X
 .X    ..    X.   ..    .X    .X   X.    XX    XX    X.
 XX    .X    .X   .X    .X    .X   .X    .X    .X    .X

[modifier] Signes d'opération

 +     -     x     /
 ..    ..    ..    ..
 XX    ..    .X    XX
 X.    XX    X.    .X

[modifier] Production du Braille

Il existe plusieurs outils permettant d'écrire en braille. Chacun des outils qui sont mentionnés ci-dessous nécessitent l'utilisation d'un papier épais afin que les aspérités soient bien marquées et ne réduisent pas dès qu'elles sont soumises à des pressions extérieures (un livre en braille doit pouvoir être refermé et rangé dans un sac ou une étagère et rester lisible !).


L'outil le plus simple est formé d'une tablette munie de guides normalisés (avec des lignes de six points) et d'un poinçon. Le poinçon permet de déformer le papier en s'aidant du guide. Cependant, cet outil nécessite une adaptation particulière. En effet, le poinçon creuse le papier alors que la personne aveugle lit les bosses formées. Il faut donc complètement inverser le sens d'écriture : commencer la ligne à droite et les signes (en miroir).

Ainsi, le mot « Braille » qui se lit :

   Signe    
 Majuscule     b    r    a    i    l   l   e
      .X       X.   X.   X.   .X   X.  X.  X.
      ..       X.   XX   ..   X.   X.  X.  .X
      .X       ..   X.   ..   ..   X.  X.  ..

Devra être écrit à l'envers :

(en miroir)

                                                Signe      
             e   l   l    i    a    r    b     majuscule
             .X  .X  .X   X.   .X   .X   .X        X.
             X.  .X  .X   .X   ..   XX   .X        ..         (riorim ne)  
             ..  .X  .X   ..   ..   .X   ..        X.


Cet outil est le plus ancien et le meilleur marché. Des pics permettent de maintenir la feuille afin que celle-ci ne se déplace pas pendant l'écriture.

Une évolution temporelle et pratique a donné naissance à la machine Perkins, sorte de machine à écrire. Composée de sept touches (une pour chaque point de la matrice de six et une pour l'espace), elle a grandement facilité l'écriture puisqu'elle évite la transcription en miroir nécessaire à la tablette décrite précédemment.

Enfin, est apparue l'embosseuse : imprimante qui transcrit le texte à l'écran en texte braille. Elle imprime donc en volume et non pas avec de l'encre. Cette machine coûte cher et prend une place considérable. Les réglages préalables doivent être effectués avec précision afin que le marquage du papier soit assez fort.

[modifier] Caractères braille en unicode

Le système unicode permet de représenter les 256 combinaisons possibles offertes par la combinaison des huit points. (huit et non six comme l'est indiqué ci-dessous)

Braille Lettre Braille Lettre
A 1 T
B 2 U
C 3 V
D 4 W
E 5 X
F 6 Y
G 7 Z
H 8 Capitale
I 9 Chiffre
J 0 Point
K Virgule
L Point d'interrogation
M deux-points
N Point d'exclamation
O Guillemet ouvrante
P Guillemet fermante
Q Crochet
R Tiret
S

[modifier] Le braille abrégé

Les caractères brailles sont plus larges que leurs équivalents « noir ». Cela a pour conséquence une augmentation importante du volume d'un document braille par rapport à un document « noir » lorsque ce document est traduit un caractères braille pour un caractère noir. Aussi a-t-on créé une forme contractée : le braille abrégé.

C'est en 1880 que Maurice de la Sizeranne constitua l'Abrégé Orthographique Français, qui fut depuis complété par de nombreux partenaires.

Dans un texte en braille abrégé, on trouve trois types de mots :

  • des mots contenants une ou plusieurs contractions,
  • des mots ayant un symbole,
  • des mots écrits en intégral (braille classique).

Par exemple, dans le mot « (re)(pr)és(en)té(es) » les lettres entre parenthèses sont abrégées par un sigle propre.

Dans le cas des symboles, les mots sont représentés comme une lettre isolée. Ainsi, quand la lettre « ê » est lue sans être intégrée à un mot, elle signifie « même ».

Un même caractère peut, suivant son contexte (employé dans un mot, en début, milieu ou fin, devant une voyelle ou une consonne ou encore seul), avoir plusieurs significations différentes.

Ainsi, le « î » peut être lu tel quel, mais peut aussi être :

  • le symbole du mot « cet » lorsqu'il est employé seul,
  • la contraction des lettres « cl » dans un mot,
  • la contraction de la syllabe « ait » en terminaison de verbe.

Les mots écrits en braille intégral (dans un texte en braille abrégé) sont soit :

  • des mots n'ayant pas de symbole ou n'ayant pas de contraction rentrant dans leur composition,
  • des noms propres (jamais abrégés sauf en cas de noms de peuples),
  • des noms que l'utilisation d'une contraction rendrait confus, incompréhensibles.

[modifier] Le braille informatique

Le Braille standard, avec ses 6 points, ne permet que peu de combinaisons pour coder les caractères. Certains caractères, comme les majuscules ou les chiffres ont été codés sur deux caractères brailles afin de pallier cette limite. Malheureusement, l'utilisation de ce type de codage s'avère mal adapté à l'informatisation. Aussi pour l'informatique utilise-t-on un braille à 8 points au lieu de 6.

à compléter

[modifier] Le Braille mathématique

La notation mathématique utilise une représentation spatiale de l'information. En Braille, l'information est toujours linéarisée, aussi a-t-on besoin d'une codification spécifique.

à compléter

[modifier] Le braille musical

Comme pour les mathématiques, la notation musicale « noire » utilise une représentation spatiale de l'information. Aussi le braille musical est-il très compliqué.

[modifier] Les bases

Les notes

Elles sont écrites en suivant l'alphabet, avec, pour équivalence, d=do

Ainsi:

 do   ré   mi   fa  sol   la   si
 XX   X.   XX   XX   X.   .X   .X
 .X   .X   X.   XX   XX   X.   XX
 ..   ..   ..   ..   ..   ..   ..


Les rythmes

Sans signe de rythme spécifique, les notes seront considérées comme des croches. Si l'on veut écrire une noire (qui dure deux croches) on doit ajouter le point 6 à la note :

 do noire  ,  ré noire  ,  ...
    XX          X.
    .X          .X
    .X          .X


Pour indiquer une blanche (quatre croches), on ajoute le point 3 :

 do blanche  ,  ré blanche  ,  ...
   XX               X.
   .X               .X
   X.               X.      

Pour les rondes (huit croches), on ajoute les points 3 et 6 :

 do ronde  ,  ré ronde   ,  ...
   XX            X.
   .X            .X
   XX            XX
         

Cependant les nombreux autres rythmes demandent une notation particulière et difficile.


Les signes de clé n'ont pas autant d'importance sur une partition en braille qu'en « noir ». En revanche, on doit toujours faire précéder les notes d'un signe d'octave. Les octaves sont comptées à partir du bas et indiquées par les points 4, 5 et 6.

Ainsi :

1°oct   2°oct   3°oct   4°oct   5°oct
 .X       .X     .X       ..      .X
 ..       .X     .X       .X      ..
 ..       ..     .X       ..      .X


Le signe d'octave n'est pas répété tant que cela ne prête pas à équivoque.

[modifier] Les nouveaux outils

Les nouvelles technologies ont créé de nombreux outils qui permettent aux personnes malvoyantes ou non-voyantes de « lire » des textes en écriture romaine.

[modifier] Loupe et autres agrandisseurs numériques

Outre la loupe courante, il existe maintenant de très nombreux télé-agrandisseurs grossissant fortement les textes. De nombreuses options permettent de cadrer la zone de lecture afin de la faciliter. De même des jeux de couleurs et de contrastes permettent de ne pas trop solliciter d'effort visuels de la part des malvoyants.

Il existe maintenant des logiciels capables d'agrandir des pages numériques. S'ouvre alors la possibilité pour de nombreux mal-voyants d'aller sur Internet.

[modifier] Synthèse vocale, écran tactile, reconnaissance de caractère

Les progrès technologiques se font aussi sentir dans le domaine de la synthèse vocale. Il y a encore quelques années, les personnes aveugles étaient les seules à comprendre les phrases prononcées. Actuellement celles-ci sont compréhensibles par tous. La ponctuation est bien ressentie pendant l'écoute.

Les screen reader permettent de transformer un écran visuel en une page en braille ou en un texte parlé.

Plage braille sous un clavier
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Plage braille sous un clavier

Restent encore les plages tactiles. Plaque sur laquelle se trouve une bande de petit points se levant ou s'abaissant afin de composer les lettres. Ainsi un texte apparaissant à l'écran est traduit sur la page tactile en braille.

Lorsqu'une personne non-voyante souhaite lire le texte présent sur l'écran de l'ordinateur, elle a le choix entre deux possibilités de défilement du texte sur la plage tactile : soit elle appuie sur un bouton dès qu'elle a fini de lire chaque ligne pour avoir la suite du texte, soit le texte défile à un certain rythme et elle lit au fur et à mesure. Les personnes qui lisent le braille utilisent souvent la combinaison d'une plage braille et d'une synthèse vocale, afin de faciliter la restitution de l'information.

La reconnaissance de caractères à partir d'un document scanné et numérisé a permis à de nombreuses personnes mal ou non-voyantes de lire des textes auxquels elles n'avaient pas accès. Elles numérisent leurs documents et les lisent avec les deux moyens énoncés ci-dessus.


Cependant même les personnes aveugles peuvent maintenant surfer grâce aux plages tactiles et aux synthèses vocales.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

  • Le site Braillepost assure gratuitement la transcription, l'impression braille de votre courrier et son expédition par voie postale.
  • Le site Cimis propose du matériel informatique adpaté au handicap et notamment des plages braille.
Article audio


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