Connaissance

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Le mot "connaissance" a plusieurs acceptions :

  • populaire :
    • une "connaissance", ou personne connue dans son entourage,
    • "avoir connaissance", "prendre connaissance", être informé de l'existence d'un objet
  • courante : objets de culture au sens large, patrimoine culturel personnel d'un individu
  • philosophique : le précepte socratique "connais-toi toi-même" complète la définition classique de la philosophie, comme "amour de la sagesse". La connaissance d'objets trouve sa formule la plus accomplie dans la science, dont la méthodologie est définie par l'épistémologie. La connaissance scolastique se distingue par ailleurs de l'expérience ou de la démarche personnelle, qui sont des modes de connaissance discursifs.

Sommaire

[modifier] Introduction

  • "Savoir que l'on ne sait pas est supérieur; ne pas connaître la connaissance, une maladie." Lao-tseu, Tao-te-king, chap.71

Le concept de connaissance renvoie à la capacité de disposer d'une représentation mentale d'une réalité plus ou moins bien circonscrite, soit simplement informative, soit intégrant des modèles de compréhension ou de comportement plus ou moins élaborés. On peut dire qu'il y a connaissance lorsqu'on dispose face à un objet ou à une situation, de concepts pertinents et d'un minimum d'éléments sur les valeurs des grandeurs en cause ou sur leurs relations. Toute connaissance d'un objet au sens le plus large du terme implique ainsi de disposer de descripteurs, de valeurs et de relations, et va dans le sens d'une théorisation, qui tend à être partagée, soit par un groupe social, soit par la société toute entière. Toute perception conduit en puissance à l'idée de connaissance: on peut aussi bien parler de la connaissance du système des planètes que de la connaissance des sentiments amoureux. Désormais la spécificité des modalités de la cognition s’étend donc à des domaines situés à la limite entre le conscient quan­titativement (si ce n’est qualitativement) mesurable et l’inconscient, inexplicable en termes de valeurs opératoires. Avec l’apparition des lois statistiques et des lois de pro­babilités dans les lois générales d’appréhension de l’univers (Physique quantique et relativité), avec la reconnaissance du caractère imprévisible des phénomènes futurs, la mutation de la pensée scientifique a influencé les recherches sur la cognition vers de nouveaux systèmes. Elle s’oriente désormais vers une théorie cosmologique où les interactions réci­proques des éléments les uns avec les autres définissent notre monde comme un univers de champs d’interaction, conception centrale de la physique actuelle.

[modifier] Types et théories de la connaissance

Dans le domaine de la philosophie, la connaissance est un acte de la pensée qui saisit un objet par les sens ou non, avec une implication plus ou moins grande du sujet de la connaissance.

M. Polanyi a distingué deux types de connaissances : les connaissances tacites et les connaissances explicites. Les connaissances explicites sont celles issues de l'observation empirique et qui sont verbalisables alors que les connaissances tacites sont difficiles à exprimer et relèvent davantage de l'intuition ou du savoir-faire.

Les théories de la connaissance, qui répondent à nos interrogations sur le cognitif, et la philosophie qui s’y rattache ont été nombreuses et évolutives. Les philosophes considérèrent successivement que l’apprentissage et la construction des lois universelles peuvent se bâtir par les sens, comme le prescrivit Aristote en opposition avec Platon. Parménide et Platon opposent à l'être (la véritable connaissance), la doxa : opinion confuse que l'on a sur les choses.

Le rationalisme cartésien fit place à la raison.

Kant lui préféra une expérience fondée sur la transcendance.

Auguste Comte, lui, par sa classification positiviste, abandonnait la recherche de la nature des choses (cause première), pour se tourner vers les relations invariables qu’elles peuvent entretenir entre elles, en posant le principe de la réductibilité ou de la non réductibilité des phénomènes à un phénomène de rang inférieur dans la hiérarchie de la complexité. Pour Auguste Comte, les phénomènes pouvaient être décrits par des règles exprimables en langage mathématique.

Jean Piaget a développé une théorie qui repose sur l'idée de constructivisme, selon lui, la question de l'inné et de l'acquis est un débat peu productif, ce qui importe c'est comment une connaisance se construit, notamment chez l'enfant. Pour lui, la connaissance n'est jamais une copie du réél, elle résulte d'une action du sujet sur les choses.

Rudolf Steiner a réalisé la synthèse entre l'empirisme et le rationalisme en mettant à jour le rôle primordial de l'activité de la pensée. Le penser permet d'associer une perception (externe ou interne) à un concept, pour arriver à la connaissance de l'objet. Il résout ainsi l'opposition fondamentale entre le moi et le monde en montrant le lien qui se fait entre ces deux pôles dans la conscience humaine.

[modifier] Connaissance(s) et société(s)

Article détaillé : Société de la connaissance.

[modifier] La société des hommes comme communauté de connaissances

La Connaissance, au singulier et avec majuscule, a un parfum d'académisme qui renvoie à la question sociale qui se profile derrière elle. Y a-t-il une Connaissance, comme une sorte de Corpus des savoirs reconnus et acceptés, ceux que l'on enseigne à l'école ? Y a-t-il des connaissances, une nébuleuse de savoirs plus informelle, moins officielle, moins « avérée », mais aussi plus étendue ? Y a-t-il une bonne et une mauvaise Connaissance ?

Par ailleurs, quand on pose la question d'un savoir partagé, d'un savoir social, il importe de définir par qui il est partagé et quelles sont éventuellement les limites de ce partage social.

Si l'on peut dire que le langage est ce qui fait l'homme et ce qui le distingue de l'animal (les expressions faciales, les mimiques, le sourire… pouvant être considérés comme un proto-langage que le chimpanzé, notre plus proche « cousin », partage assez bien avec nous), c'est aussi qu'il a grandement contribué à permettre l'élaboration des connaissances et leur partage entre les êtres humains.

Une société humaine peut donc être assimilée à un grand organisme connaissant qui met en commun les expériences de ses individus par le biais du langage qui défie à la fois l'espace et le temps : il permet la transmission de connaissances et d'expériences d'individus éloignés dans l'espace ou dans le temps.

Et par ce biais, il permet sa « capitalisation ».

Les connaissances sont indéniablement pour le petit d'homme un acquis qui lui est en grande partie transmis, comme héritage commun d'un groupe social, et constitue une somme d'expériences qui ne remplacera certes jamais celles de l'individu mais se combineront à elles efficacement et seront à même de les démultiplier.

Les briques des connaissances nouvelles viennent s'ajouter à l'édifice patiemment construit…

Il est important de souligner qu'il n'est pas besoin pour cela de l'écriture. Parce que sa prééminence actuelle nous aveugle, nous oublions que l'essentiel de la transmission et de la communication s'est faite, dans l'histoire de l'humanité, par la parole, par l'oralité. Et par la mémoire. Il n'est en rien évident que "Au commencement était le Verbe..." désignât un quelconque "livre sacré" ou les "tables de la Loi"... Pauvres infirmes de la mémoire que nous sommes devenus, nous avons du mal à accepter l'idée que des livres ne fassent que compiler des récits mythiques transmis oralement auparavant. Il nous faut imaginer un auteur unique, un Homère par exemple, pour l'Iliade et l'Odyssée.

Ceux qui connaissent les traditions orales, celles de l'Afrique noire d'où tout écrit est absent, mais aussi celles de l'Europe et de France malheureusement en grande partie perdues, d'ailleurs en partie à cause de l'écrit, savent que l'oral et la mémoire sont peut-être plus puissants pour transmettre par delà l'espace et par delà le temps que toute écriture et tout support matériel périssable.

Laissons là ce débat, mais rappelons toutefois que l'Europe celtique n'utilisait pas l'écriture. Ce sont les moines irlandais qui ont compilé sa tradition orale vers 600 après J.C. bien longtemps après l'apogée de cette civilisation. L'écrit n'était utilisé que par les druides et pour des pratiques rituelles et magiques : quelques signes sur des plaques de métal. Les druides possédaient pourtant un savoir "encyclopédique" considérable. On sait qu'ils avaient des connaissances approfondies en mathématiques, en astronomie,... Tout ce savoir était transmis oralement au cours d'une période d'apprentissage qui durait près de 20 ans !

Mais revenons à notre question du partage de la Connaissance ou, du moins, des connaissances.

Face à une vision idéale d'une communauté des hommes où les connaissances s'accumuleraient et s'échangeraient librement, il en va en fait tout autrement et sans doute depuis bien longtemps. Ce partage, ou non partage, semble obéir à certaines "règles". Quelles sont-elles et pourquoi ?

[modifier] Valeur de la connaissance

On parle aujourd'hui d'économie de la connaissance et on décrit notre société comme caractérisée par le développement de cette économie.

Toutefois, il semble que toute l'histoire de l'humanité puisse être décrite comme une accumulation de connaissances et d'expériences et la mondialisation actuelle, dont l'internet est sans doute dans ce domaine l'élément le plus important, est essentiellement un accroissement des échanges de ces connaissances.

La question de l'économie qui lui est liée pourrait paraître secondaire si l'on n'était obligé de reconnaître la valeur de la connaissance qui en fait un bien marchand, et peut-être aujourd'hui l'un des premiers.

Mais on peut postuler que de tout temps la connaissance a eu de la valeur pour les hommes, bien avant le développement de sociétés marchandes.

Et les nombreux mythes et paraboles philosophiques qui établissent un parallèle entre un trésor et un savoir sont là pour nous le rappeler. La valeur monétaire n'est qu'une mesure. L'or un symbole. La vraie valeur est dans le savoir lui-même. C'est en particulier vrai lorsqu'il s'agit de la propre connaissance de soi, le perfectionnement de l'homme par lui-même et c'est le sens le plus probable des quêtes « philosophales » des alchimistes ou des chevaliers du Graal.

Cette question de la valeur de la connaissance est donc une première « règle ». Elle nous apparaît à nous d'autant plus évidente que nous avons mis en place des systèmes de protection de celle-ci : droits d'auteurs, brevets, copyrights... Ils en sont la traduction dans une société marchande. Mais ils ne doivent pas nous faire oublier ce qu'est la valeur intrinsèque, l'utilité...

Quittons cette fois le domaine philosophique pour revenir à la société et aux connaissances plus « pratiques » du domaine des sciences et des techniques. Pour fabriquer un outil, chasser, coudre des peaux ensemble... il a fallu expérimenter, essayer, recommencer, apprendre. Le fruit de ces expériences est la connaissance, le savoir, le savoir-faire... Mais encore avant cela, une des premières connaissances, et des plus utiles, a certainement été la connaissance par l'homme de son environnement. À tel point que la question reste posée des relations entre l'inné et l'acquis, entre d'une part les instincts, et de façon plus large les « connaissances » inscrites dans l'être biologique (sans doute par le biais des mécanismes de l'évolution), et d'autre part les savoirs transmis et appris. Avons-nous d'instinct peur du loup ? Cette connaissance-ci, essentielle, conditionne donc la survie de l'homme, sa capacité à se nourrir, à s'abriter, à éviter les pièges de la nature, les animaux dangereux, les plantes empoisonnées...

Il est donc peu utile d'insister encore sur la valeur de la connaissance même en dehors de tout système marchand.

[modifier] La connaissance comme avantage et pouvoir

La deuxième « règle », corollaire de la première, et non moins importante c'est que, par conséquent, la connaissance constitue un avantage. Il peut rapidement en dériver un pouvoir réservé aux groupes ou personnes ayant seuls l'accès à certaines connaissances.

Là encore, nos sociétés techniciennes en font la pleine démonstration. Mais on peut penser que même les savoirs les plus simples peuvent donner lieu à l'expression d'un pouvoir.

Pour que cela soit, il suffit que la connaissance ne circule pas librement entre tous, soit qu'elle ne puisse pas, soit qu'on l'en empêche...

Sans doute les « pouvoirs magiques » apparaissent tels à ceux qui n'en partagent pas la connaissance mais sans doute aussi le pouvoir sur les autres que leur possession confère pousse à ce qu'ils soient « jalousement gardés » et qu'ils restent « magiques » le plus possible. C'est du moins une interprétation possible.

Sans préjuger qu'il ne puisse y en avoir d'autre, c'est le modèle qui a prévalu dans nos sociétés occidentales, en particulier sous l'influence du christianisme. Mais celui-ci n'a certainement fait que reprendre des situations pré-existantes, et on sait le pouvoir des druides dans la société celte, et des chamanes dans d'autres régions du monde.

L'expression finale de cette organisation sociale est l'"alliance sacrée" entre la connaissance et la force physique, celle du druide et du chef guerrier, celle de Clovis qui se fait baptiser par la puissante Église chrétienne.

La connaissance est donc un enjeu de pouvoir.

Partager et transmettre la connaissance obéit donc à cette règle. Non seulement il peut ne pas apparaître opportun de le faire avec tous, pour conserver l'avantage qui assure un pouvoir, mais sa transmission à certains seulement peut devenir le moyen de maintenir ou d'accroître cet avantage.

On peut y voir l'origine des groupes sociaux et des classes, dans les sociétés traditionnelles, comme dans les sociétés industrielles.

[modifier] Connaissance et démocratie

On comprend donc l'enjeu qu'a pu constitué, et constitue toujours, la connaissance et son partage, par le biais de l'éducation et des systèmes scolaires, pour l'évolution démocratique des sociétés modernes. Il est d'ailleurs multiple dans la mesure où l'ambition démocratique peut à la fois nécessiter un niveau suffisant d' « instruction » des citoyens pour qu'ils soient à même de débattre du projet politique commun et une « égalité des chances » qui est censée passer par l'égalité de l'accès au savoir, et elle en est effectivement sans aucun doute le préalable.

Mais la connaissance n'est pas un corpus figé à un moment donné. Nous savons bien à nos dépends qu'il est nécessaire d'actualiser régulièrement ses connaissances dans un monde où les savoirs évoluent rapidement. Dans le monde du travail, cela fait la part belle à la formation continue. Mais il y a de nombreuses formes et source de remise en question des connaissances. Et d'abord, l'idée que tout est discutable, et la quasi disparition de l'autorité du "savant" par la mise à disposition du plus grand nombre d'informations autrefois réservées à un petit groupe privilégié.

L'internet est indéniablement la source principale de cette révolution dans l'accès à la connaissance. Certes, des barrières restent. D'autres, notamment commerciales, se mettent en place (copyright, droits d'auteurs etc.). Mais à côté, se développent des projets ouverts, visant au partage le plus large possible de la connaissance : éléments libres de droit ou en diffusion autorisée sous certaines conditions... Le projet de Wikipedia rentre dans cette catégorie et participe également de l'idée que l'enrichissement des connaissancs n'est pas l'apanage d'un groupe autorisé et bien défini (experts, professeurs d'Université, chercheurs...).

Outre l'accès à la connaissance, en position de consommateur, le projet démocratique sollicite également le droit pour tout un chacun d'apporter sa pierre à l'édifice, sa vision propre. C'est évidemment, d'un certain côté, le triomphe de l'individu. Mais les règles, qui seules autorisent le fonctionnement de cette connaissance partagée, en fondent aussi la dimension collective.

Il est probable que nous ayons à redéfinir notre vision de la connaissance, de sa production et de son partage dans les sociétés démocratiques et que cela puisse même être le fondement d'une nouvelle démocratie, plus aboutie, où chaque citoyen ait accès à la parole pour construire le projet social.

[modifier] Connaissance tacite vs connaissance explicite

En psychologie cognitive, on distingue deux grands types de connaissances :

Les connaissances tacites sont les connaissances qui appartiennent au monde des objets mentaux, des représentations mentales. Elles regroupent les compétences innées ou acquises, le savoir-faire et l'expérience. Elles sont généralement difficiles à « formaliser » par opposition aux connaissances explicites.

Les connaissances explicites, par opposition aux connaissances tacites, sont les connaissances clairement articulées au niveau d'un document écrit, ou d'un système informatique. Ces connaissances sont transférables physiquement, car elles apparaissent sous une forme tangible (dossier papier ou électronique).

Par ailleurs, en gestion des connaissances, on fait aussi la distinction entre l'information, donnée brute, et la connaissance, qui est l'appropriation et l'interprétation des informations par les hommes (Jean-Yves Prax).

Dans les entreprises, la connaissance correspond au capital d'expertise que détiennent les hommes dans les différents domaines (marketing, R&D, achats, commercial, juridique...) qui constituent le cœur de métier de l'entreprise. Cette connaissance doit être gérée pour améliorer l'efficacité globale des entreprises.


Article détaillé : Gestion des connaissances.

Les anglo-saxons appellent cette discipline le knowledge management (KM).

[modifier] Voir aussi

Sur les aspects philosophiques

Sur les aspects économiques, sociaux, de gestion

Sur les types de connaissance

Sur les branches de la philosophie et sur la science

Domaines particuliers

[modifier] Lien externe

Concept de connaissance

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