Français

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  Français  
Parlé en France, Belgique, Canada, Suisse et 51 autres pays
Région
Nombre de locuteurs 290 millions (2005)
Classement 8
Typologie SVO [1]

Flexionnelle - Syllabique

Classification par famille
 -  Langues indo-européennes

    -  Langues italiques
       -  Langues romanes
          -  Langues italo-occidentales
             -  Langues gallo-romanes
                -  Langues d'oïl
                   -  Français

(Classification SIL - simplifiée)
Statut officiel et codes de langue
Langue officielle de Belgique,
Canada,
France,
République démocratique du Congo
Suisse,
Union Européenne,
Vanuatu,
Sénégal,
Côte d'Ivoire,
Luxembourg,
et 51 autres pays
Régi par Académie française,
Délégation générale à la langue française et aux langues de France,
Service de la langue française (Belgique),
Office québécois de la langue française,
les Conseils supérieurs de la langue française de France,
de Belgique
et du Québec
ISO 639-1 fr
ISO 639-2 fra (T) / fre (B)
ISO/DIS
639-3
fra(en)
SIL FRN
Échantillon

Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme.

Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Voir aussi : langue, liste de langues, code couleur

Le français est une langue romane parlée en France, dont elle est originaire, ainsi qu'en Belgique, au Canada, en Suisse et dans 51 autres pays ayant pour la plupart fait partie de l'ancien empire colonial français.

La langue française a cette particularité que son développement a été en partie l'œuvre de groupes intellectuels, comme la Pléiade, ou d'institutions, comme l'Académie française. C'est une langue dite « académique ». Toutefois, l'usage garde ses droits et nombreux sont ceux qui malaxèrent cette langue vivante, au premier rang desquels Molière : on parle d'ailleurs de la « langue de Molière ».

Sommaire

[modifier] Approche linguistique du français

[modifier] Histoire

Article détaillé : Histoire de la langue française.

L'histoire de la langue française commence avec l'invasion de la Gaule par les armées romaines sous Jules César en 59 av. J.-C. La Gaule était alors peuplée d'une multitude de tribus celtes qui parlaient une variété de langues. Après la conquête du pays en 51 av. J.-C., et au cours des siècles suivants, la langue des Romains fut peu à peu adoptée par tous.

Linguistiquement, le développement du français ancien, ou protofrançais, à partir du latin vulgaire se distingue par une série complexe de transformations phonétiques et par la réduction des cas grammaticaux par rapport au latin. On estime généralement que les Serments de Strasbourg de 842 sont le premier texte écrit en proto-français (ou romana lingua ou encore roman). La première mention de l'existence d'une langue romane ne date que de 813, lors du Concile de Tours. Il faut attendre entre 880 et 881 pour le premier texte littéraire, la Séquence de sainte Eulalie, encore qu'on puisse considérer que la langue de ce texte est plus du picard que du français lui-même.

C'est en 1539 que l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français comme langue du droit et de l'administration. Ce changement est important car tout au long du XVIIe siècle le français va s'imposer de plus en plus comme langue scientifique et comme langue d'enseignement. Le Discours de la méthode (1637) de René Descartes constitue de ce point de vue là une étape importante car il s'agit d'un des premières essais philosophiques et savants écrits en français et non en latin.

Le 7 janvier 1972, le gouvernement français promulgue le décret N° 72-9 relatif à l'enrichissement de la langue française, prévoyant la création de commissions ministérielles de terminologie pour l'enrichissement du vocabulaire français.

La maintenance de la langue française est suivie par : l'Académie française, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLF), le Service de la langue française (Belgique), l'Office québécois de la langue française (OQLF), les Conseils supérieurs de la langue française de France, de Belgique et du Québec.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Vocabulaire

[modifier] Étymologie

La majorité du fonds lexical français provient du latin (en tant que langue-mère) ou bien est construit à partir des racines gréco-latines. De nombreux termes possèdent un synonyme, l'un venant de la racine latine ancienne, l'autre étant populaire. Ces doublets sont surtout présents avec un nom (populaire) et l'adjectif dérivé (savant) : mère / maternel, frère / fraternel, cheveu / capillaire, foi / fidèle, froid / frigide, œil / oculaire, sûreté / sécurité, etc.

Le francique, en tant que superstrat, a laissé quelques mots importants et les emprunts sont nombreux : d'abord à l'anglais, puis à l'italien, aux autres langues romanes, aux langues germaniques tels que l'allemand ou le néerlandais, etc.

[modifier] Néologismes

Certains néologismes français sont constitués à partir des racines latines ou grecques :

D'autres suivent les règles de suffixation :

[modifier] Emprunts étrangers

Article détaillé : Emprunt lexical.

On estime à moins de 13% (soit 4 200 mots) les parts des mots d'origine étrangère dans la langue française courante soit environ les 35 000 mots d'un dictionnaire d'usage. 1 054 de ces mots sont d'origine anglaise, 707 italiens, 550 de l'ancien allemand, 481 des anciennes langues gallo-romanes, 215 arabes, 164 de l'allemand, 160 du celtique ancien, 159 espagnols, 153 hollandais, 112 perses et sanskrits, 101 des langues des Indiens d'Amériques, 89 de diverses langues asiatiques, 56 de diverses langues afro-asiatiques, 55 de langues slaves et de la Baltique, 144 d'autres langues diverses[1]

[modifier] Les variétés régionales du français

La variation régionale, en français, peut être abordée de deux manières :

  • En considérant que le français est un synonyme de la langue d'oïl, ce qui implique que tous les dialectes romans du domaine d'oïl sont des variétés dialectales du français (voir l'article langue d'oïl).
  • En se limitant à ce qu'on appelle le « français régional », ensemble de variétés régionales qui restent très proches du français standard. C'est ce sens qui est développé ici.

Certains néologismes peuvent également être empruntés au vocabulaire du français régional. On appelle « français régional » les mots ou les expressions employés dans certaines régions de la francophonie, mais non retenus dans les dictionnaires académiques du français ou qui ne sont pas utilisés dans l'ensemble de la francophonie. Il ne s'agit pas de langue familière, mais bien du français qui a évolué de façon différente.

En France par exemple, le repas du matin s'appelle "petit-déjeuner", au midi le "déjeuner" et le soir le "dîner" ; au Québec, en Belgique et en Suisse, on dit "déjeuner", "dîner" et "souper". En Belgique et en Suisse, on dit "septante" (70) et "nonante" (90) tandis qu'en Suisse on dit "huitante" (80) mais seulement dans certains cantons (la forme ancienne et aujourd'hui désuète de "huitante" était "octante"). Au Québec, en Suisse, en Belgique et dans certaines régions françaises, on dit "tantôt" là où le français de Paris mais aussi le français africain utilise "tout à l'heure" ; au Québec également, "magasiner" pour "faire des courses" (pour éviter l'anglicisme "faire du shopping"). Au Sénégal et en Afrique francophone, on parle parfois d'"essencerie" pour éviter le néologisme anglais de "station service", etc.

Ce ne sont que quelques exemples et le français est riche de différences lexicales dans ses variantes régionales.


[modifier] Au Québec

Au Québec en particulier, l'espace linguistique francophone n'a plus été nourri de façon privilégiée par les apports de la métropole ni soumis à son influence, depuis la Conquête anglaise en 1760 jusqu'au XXe siècle environ. Le français y a conservé ses influences lexicales empruntées au vocabulaire de la marine du XVIIIe siècle ("barrer" une porte pour "verrouiller", par exemple), mais également des formes archaïques qui ont été maintenues en français nord-américain : on dit "présentement" pour "actuellement" (c'est un faux-ami, car le terme "présentement" en France et en Belgique signifie "là, maintenant, tout de suite"); on dit "breuvage" pour "boisson", soit la même nuance qui existe en anglais entre le "beverage" américain et le "drink" britannique, le terme québécois ayant conservé le même sens qu'en vieux-français, tandis qu'ailleurs dans la francophonie le mot a pris une connotation péjorative de "mauvaise boisson", ou encore, d'un "filtre" de sorcières dans les contes pour enfants ; le mot américain "beverage" est du reste, lui-même, issu du vieux-français.

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, c'est une véritable ingénierie linguistique qui a participé de l'évolution du français québécois, notamment en inventant des équivalents québécois à des anglicismes. On dit "croustilles" pour "chips" ; "courriel" pour "e-mail" ; "fin de semaine" pour éviter l'anglicisme "weekend" ; etc.

Ce variant régional est souvent confondu avec le sociolecte ouvrièr du Québec, nommé joual.

L'Office québécois de la langue française (OQLF) est l'équivalent nord-américain francophone de l'Académie française en Europe : son rôle est à la fois consultatif et normatif. C'est le seul organisme de ce type dans toute la francophonie mondiale auquel l'Académie française reconnaisse une certaine légitimité. Le but de l'OQLF n'est pas de s'écarter de la norme internationale du français, mais d'encadrer sa variante nord-américaine, dans le respect des règles communes de la langue française.

[modifier] En Wallonie et à Bruxelles (Belgique)

Le wallon a été remplacé par le français au fur et à mesure de l'instruction de la classe populaire, si bien qu'il ne soit quasiment plus. Les enfants qui allaient à l'école apprenaient la langue de la politique et de la bourgeoisie. Il en est resté des mots du vocabulaire typiquement wallon tels que "cramer", "makrale", "oufti", "poutchi fou", "tournicoter", "clinche" et des expressions idiomatiques telles que "tomber bas de ses clicotes", "Patate-crompire", "Tesse to po !" et "C'est taudi les petits que l'on sprotche". (En général, seuls quelques-uns de ces mots et expressions sont utilisés couramment dans la langue parlée)

[modifier] Prononciation

Article détaillé : Prononciation du français.

[modifier] Orthographe du français

L'Académie française et des institutions analogues d'autres pays francophones ont approuvé une série de rectifications orthographiques proposées en 1990 par un rapport du Conseil supérieur de la langue française. Ces rectifications portent sur moins de 3 % du vocabulaire. En outre, l'Académie française souligne que ces rectifications n'ont pas de caractère obligatoire, mais qu'elles sont recommandées. Ces propositions sont décrites dans l'article : Rectifications orthographiques du français.

Notons que, de tous temps, l'orthographe du français a subi de nombreuses rectifications, mais que l'habitude littéraire d'adapter les ouvrages dans l'orthographe officielle du moment nous donne une impression de continuité que la langue française écrite, en fait, n'a jamais eue.

[modifier] La littérature en langue française

Article détaillé : Littérature française.
Article détaillé : Littérature francophone.

Parmi les œuvres majeures on peut citer:

[modifier] Place du français dans le monde

[modifier] Le statut international du français

Le français dans le monde Bleu foncé : langue maternelleBleu : langue administrativeBleu clair : langue de cultureVert : minorités francophones
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Le français dans le monde
Bleu foncé : langue maternelle
Bleu : langue administrative
Bleu clair : langue de culture
Vert : minorités francophones

Le français est la langue officielle de nombreux pays, et il est largement utilisé dans un certain nombre d'autres. Une partie des nations utilisant cette langue est regroupée au sein de la « francophonie ». Dépassant, le seul cadre linguistique, le Haut Conseil de la francophonie est une plateforme d'échanges impliquant un tiers des pays de la planète. Ce mouvement confirme une redéfinition de la place du français dans le monde.


Elle demeure l'une des langues officielles de nombreuses organisations internationales dont l'Organisation mondiale du commerce, l'OTAN, l'Union africaine, l'Union européenne, l'Union européenne de radio-télévision, l'Agence spatiale européenne, la Cour internationale de justice, la Cour pénale internationale, le Comité international olympique, la FINA, la FIFA, la FIA, l'Agence mondiale antidopage, le Secrétariat international de l'eau, l'Organisation hydrographique internationale, l'Association internationale de science politique, le Bureau international des poids et mesures, l'Union postale universelle (où elle demeure la principale langue officielle) et Interpol.

Le français figure également parmi les six langues officielles et les deux langues de travail de l'ONU, ainsi que de toutes ses agences. Elle est également une des deux principales langues de travail de l'Union européenne (avec l'anglais), bien que l'allemand soit devenu la troisième langue de travail de l'Union.

Le français est enseigné dans de nombreuses universités partout à travers le monde et il jouit d'un rayonnement notamment dans les mondes diplomatique, journalistique, judiciaire et universitaire. Le français est la deuxième langue étrangère la plus enseignée dans les écoles de l'Union européenne (à égalité avec l'allemand ; l'espagnol arrivant seulement loin derrière en 4e position, contrairement à certains mythes concernant cette langue). De façon générale, le français demeure la langue la plus enseignée dans le monde après l'anglais.

En raison du cas particulier d'un bloc linguistique hispanophone important en Amérique latine, seul continent où l'on retrouve de façon significative la langue espagnole (à part l'Espagne même), les États-Unis sont le seul grand pays anglophone du monde où le français n'est pas la première langue étrangère enseignée, c'est ici l'espagnol (depuis les années 1980 ; auparavant c'était le français). Dans les autres pays anglophones (Royaume-Uni, Irlande, Canada anglophone, etc), le français conserve ce privilège.

[modifier] Les francophones

Articles détaillés : Distribution des francophones dans le monde et Variations régionales du français.

En 1998, le Haut Conseil de la Francophonie estimait les francophones « réels » à 112,6 millions auxquels il convient d'ajouter 60,6 millions de francophones qualifiés de « partiels » ou « occasionnels », soit 173,2 millions de francophones. De plus, 100 à 110 millions de « francisants », qui, citons ici le rapport officiel, « ont appris le français pendant plusieurs années et en ont gardé une maîtrise variable ou qui sont amenés à le pratiquer, même partiellement, pour leur métier. » Le même type d'étude avait été mené par ce même organisme en 1989 (rapport publié en 1990) avec 104,6 millions de francophones « réels » recensés plus 54,2 millions de « partiels », soit 158,8 millions de francophones. La progression enregistrée est importante avec un gain de 14,4 millions en 9 ans. Deux millions de ces « nouveaux » francophones sont des Français, démographie oblige, mais le gros du bataillon est fourni par le continent africain. En extrapolant ces chiffres, on peut estimer le nombre des locuteurs francophones à quelque 183 millions en 2005 et le nombre total de personnes aptes à s'exprimer en français à 290 millions.

Bien qu'il soit difficile de mesurer avec précision le nombre total de locuteurs d'une langue donnée, on estime que le français figure parmi les 10 langues les plus parlées du monde.


Article détaillé : Liste des langues par nombre total de locuteurs.

[modifier] Le français, langue internationale

Enfant du Latin, le français le remplace en tant que langue internationale au XVIIe siècle. En 1685, Pierre Bayle peut ainsi écrire que le français est « le point de communication de tous les peuples de l'Europe ». La cause principale de cette hégémonie française tient à la précision de la langue, ciselée par l'Académie Française depuis 1635. Le 6 mars 1714, le traité de Rastatt marquant la fin de la guerre de Succession d'Espagne est rédigé uniquement en français.[2] Le Français reste la langue internationale par excellence jusqu'en 1919. Georges Clemenceau accepte que le traité de Versailles clôturant la Première Guerre mondiale soit rédigé en français et en anglais. [3] Depuis lors, l'Anglais grignote sur le français. Au début du XXIe siècle, le Français conserve encore nombre de ses prérogatives. Si les instances internationales peuvent accepter plusieurs langues officielles, une seule langue se doit d'être la langue référence en cas de conflit. Dans ce domaine, le français résiste. Citons pour l'exemple la tentative d'imposer l'anglais à la place du français comme langue référence du Comité international olympique qui fut rejetée. La règle 24 de la charte olympique précise toujours : "Les langues officielles du CIO sont le français et l’anglais. (...) En cas de divergence entre le texte français et le texte anglais de la Charte olympique et de tout autre document du CIO, le texte français fera foi sauf disposition expresse écrite contraire." [4] Il existe même des organisations internationales ou la seule langue de travail reste le français : l'Union postale universelle notamment. En revanche, l'anglais est clairement préféré au français en matière de publications scientifiques ou de discours à la tribune de l'ONU, par exemple. Si le français parvient à maintenir ses positions institutionnelles, son utilisation au quotidien comme langue de travail se perd, renforçant l'image de déclin qui est réel depuis 1919.

[modifier] Notes

  1. Henriette Walter, Gérard Walter, Dictionnaire des mots d'origine étrangère, Paris, 1998.

[modifier] Voir aussi

Le Wiktionnaire possède une catégorie français.
Le Wiktionnaire possède des entrées pour « français » et « Français ».

[modifier] Liens internes

[modifier] Jeux de langue

[modifier] Liens externes


Variations régionales du français

Europe : BelgiqueFranceJersey • Luxembourg • Valée d'Aoste • Suisse

Afrique : Cameroun • Maghreb • Côte d'Ivoire

Amérique : QuébecTerre-neuveAcadieLouisiane

Asie et Océanie : Nouvelle-Calédonie • Indochine • Liban

Créoles Créole HaïtienCréole seychelloisCréole réunionaisCréole rodriguaisCréole mauricienCréole guyanais

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