Seconde Guerre mondiale

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Seconde Guerre mondiale

Soldats canadiens sur Juno Beach, débarquement de Normandie du 6 juin 1944
Date 1er septembre 1939 - 2 septembre 1945
Lieu Europe, Pacifique, Asie, Moyen-Orient, Méditerrannée, Afrique
Issue Victoire des Alliés. Émergence des États-Unis et de l'URSS comme superpuissances. Décolonisation.
Belligérants
Alliés :
Royaume-Uni
URSS
États-Unis
République de Chine
France libre
et autres
Axe:
Allemagne Nazie
Italie
Empire du Japon
et autres
Commandants
Winston Churchill
Joseph Staline
Franklin Roosevelt
Tchang Kaï-chek
Général de Gaulle
Adolf Hitler
Benito Mussolini
Hideki Tōjō
Batailles
Voir liste sur cette page dans paragraphe
Affrontements militaires

La Seconde Guerre mondiale est un conflit armé à l'échelle planétaire qui dura de septembre 1939 à août 1945. Elle consista en la convergence, à partir du 3 septembre 1939, d'un ensemble de conflits régionaux respectivement amorcés le 18 juillet 1936 en Espagne (la Guerre civile espagnole), le 7 juillet 1937 en Asie (la Guerre sino-japonaise), et le 1er septembre 1939 en Pologne (Campagne de Pologne), générant ainsi un conflit planétaire qui opposa schématiquement deux camps – les Alliés et l'Axe – et s'acheva le 2 septembre 1945. La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l'humanité ait connu, tuant environ 62 millions de personnes dont une majorité de civils.

Sommaire

Présentation

En 1939, l'Europe domine largement le monde et ses colonies s'étendent sur toute l'Afrique et la majeure partie de l'Asie. Trois régimes totalitaires dominent l'Europe : l'Allemagne hitlérienne, l'Union soviétique stalinienne et l'Italie fasciste. Le 1er septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne. Le 3 septembre la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne : c'est le début de la Seconde Guerre mondiale.

La Seconde Guerre mondiale est tristement célèbre pour le sommet de souffrance auquel l'humanité s'est elle-même soumise : la déportation en camps de concentration et camps de travail à des fins d'extermination de populations entières (Juifs, Slaves, Tziganes), ou de catégories particulières d'individus (homosexuel(le)s, Témoins de Jéhovah, handicapés, etc.) commandées par le régime nazi ou encore le régime Shōwa (10 millions de civils chinois enrôlés de force par la Kôa-in au Manchukuo, prostituées forcées enrôlées en Corée); les meurtres systématiques de partisans communistes et de résistants, ainsi que les représailles contre les civils, par les nazis ; les massacres massifs de populations et de combattants perpétrés par les forces japonaises principalement en Chine ; les expérimentations sur des êtres humains auxquelles se livrèrent des médecins nazis et des unités japonaises ; les bombardements aériens massifs de civils d'abord par l'Axe en Europe (Coventry en Angleterre, Rotterdam aux Pays-Bas) et en Asie (Shanghaï, Chongqing: la ville la plus bombardée de la guerre), puis par les Alliés avec du napalm : Tōkyō au Japon, Dresde (35 000 morts) et Hambourg en Allemagne. Et pour la première et unique fois en plus de 50 ans, la bombe atomique fut utilisée contre un pays : deux bombes A larguées par les États-Unis ont explosé à trois jours d'intervalle, à Hiroshima et Nagasaki au Japon.

Forces en présence

Voir l’article Pays impliqués dans la Seconde Guerre mondiale.

Alliés

Afrique du Sud, Australie, France libre, Belgique, Canada, Chine, Philippines, Inde, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Luxembourg puis l'Union soviétique à partir du 22 juin 1941, les États-Unis d'Amérique à partir du 7 décembre 1941, le Mexique et le Brésil à partir de 1942, la Turquie en 1945.

Axe

En 1941, l'Axe est constitué de l'Allemagne (incluant l'Autriche), la Hongrie, l'Italie, le Japon, la Roumanie, la Bulgarie, et la Slovaquie. Ils sont alliés à la Croatie, la Finlande et la Thaïlande. L'Irak et l'Iran se sont rapprochés de l'Axe, mais leurs gouvernements pro-allemands sont renversés par les Anglais.

Le Régime de Vichy collabore avec l'Allemagne de juin 1940 à août 1944 ; la zone libre est occupée en novembre 1942.

L'Italie, la Finlande, la Roumanie et la Bulgarie se retournent contre l'Allemagne en 1943-1944.

Pays Neutres

Les États européens qui ne prirent pas part au conflit, conservant leur neutralité, furent : l'Espagne, l'Irlande, le Portugal, la Suède, la Suisse, le Liechtenstein, Andorre, la république de Saint-Marin et le Vatican.

Seul l'Afghanistan fut neutre en Asie. En Amérique du Sud, beaucoup d'États se sont déclarés solidaires des alliés et certains déclarèrent la guerre à l'Allemagne, souvent quelques jours avant la fin du conflit, tel l'Argentine. Le Brésil est l'un des rares États Sud-Américains à avoir envoyé des troupes en Europe.

Origines

En Europe

Après la Première Guerre mondiale et le traité de Versailles (surnommé le "diktat" par les allemands) de 1919, se pose le problème de la compensation que l'Allemagne devrait payer aux vainqueurs. Le Royaume-Uni partage les colonies allemandes, sous la forme de mandats de la SDN, avec la France (mais aussi avec la Belgique, le Japon, les États-Unis). Mais la France, sur le sol de laquelle s'est passée une grande part des combats, obtient en outre le droit à de fortes indemnités de réparations, ainsi que la récupération des deux provinces (l'Alsace et la Moselle) annexées par Bismarck après la guerre de 1870. Quant aux États-Unis d'Amérique, devenus de gros créanciers des puissances alliées et appliquant strictement leurs droits, compte tenu de leurs lourdes pertes, ils exigent le règlement des dettes d'achats de matériel de guerre et de carburant dues par leurs alliés.

La Russie est devenue, à l'issue de la Révolution et de la contre-révolution, l'Union soviétique, tandis que de nouveaux États (Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne, Pays baltes) sont créés en Europe centrale, au nom du principe des nationalités, en particulier par le démembrement de l'empire austro-hongrois.

En Allemagne, les difficultés économiques (inflation galopante des années 1920) et politiques (faiblesse de la République de Weimar) permettent au NSDAP (parti national-socialiste des travailleurs allemands ou nazi) et à son chef Adolf Hitler de prendre le pouvoir légalement en 1933. Très vite, Hitler restaure en Allemagne le service militaire généralisé, interdit par le traité de Versailles, remilitarise la Rhénanie (1936) et met en œuvre une politique étrangère agressive. Cette politique est destinée à regrouper au sein d'un même État les populations germanophones d'Europe centrale, en commençant par l'Autriche (Anschluss de mars 1938) et ouest de la Tchécoslovaquie (Sudètes, en septembre 1938).

L'annexion des Sudètes est entérinée à Munich en septembre 1938, lors d'une conférence où le Français Édouard Daladier et le Britannique Neville Chamberlain se fient aux promesses d'Hitler, selon lesquelles l'obtention des Sudètes satisferait la dernière revendication du IIIe Reich, et interdisent à la Tchécoslovaquie de se défendre. Cela n'empêche pas Hitler d'annexer, peu après, la moitié de la Tchécoslovaquie, la Bohême et Moravie (en mars 1939, avec la complicité des nationalistes slovaques de Mgr Tiso, de la Hongrie de Horthy et de la Pologne des colonels, qui s'empare de la région de Teschen). Hitler s'empare également de Memel en Lituanie.

Cependant, le corridor de Dantzig (aujourd'hui Gdańsk), ancienne ville prussienne détachée de l'Allemagne après 1918, constitue un élément important d'instabilité. En effet, Berlin revendique ce corridor qui sépare la Prusse orientale du reste de l'Allemagne. Quant à la Pologne, elle rejette les revendications allemandes sur le corridor de Dantzig qui est son seul accès à la mer.
En outre, depuis 1922, l'Italie est aux mains du parti fasciste, dirigé par Benito Mussolini, qui exprime des revendications sur divers territoires français.

En Asie

Le Japon, modernisé à partir de l'ère Meiji, développe depuis la fin du XIXe siècle sa puissance économique et militaire, s'accordant ainsi une place centrale et peu à peu hégémonique en Extrême-Orient.

Dès 1894, le Japon affronte la Chine au sujet d'une controverse sur la Corée. Cette guerre, où de nombreux commentateurs prédisent la victoire de la Chine impériale face au petit Japon, voit l'armée nippone écraser les forces chinoises, notamment grâce à sa supériorité technologique. De cette victoire, le Japon obtient la cession de Formose (Taiwan), des îles Pescadores et de la presqu'île du Liao-dong.

Mais la Russie impériale, y voyant un moyen d'accroître son influence en Extrême Orient, paie les dettes de guerre de la Chine auprès du Japon et, soutenue par l'Allemagne et la France, humilie Tōkyō en imposant la restitution de la péninsule de Liao-dong à la Chine. La Russie et le Japon sont dès lors impliqués dans une lutte d'influence au nord-est de la Chine, alors dominée par les puissances occidentales. La Russie obtient la concession de la construction du « transmandchourien » et accroît sa présence militaire dans le secteur, avec notamment la création d'une base navale à Port-Arthur, au sud de la péninsule de Liao-dong. La politique agressive des Russes les menant à s'intéresser à un développement de leur influence en Mandchourie et en Corée, le Japon s'en inquiète et tente dans un premier temps de négocier un partage des aires d'influence en Mandchourie. Mais Saint-Pétersbourg les mésestime et la conciliation n'aboutit pas.

C'est pourquoi en 1904 les Japonais détruisent sans déclaration de guerre une flotte russe dans la rade de Port-Arthur, puis une autre flotte russe en 1905, à la bataille de Tsoushima. Le Japon, bien préparé et proche de ses bases obtient ainsi la domination de la mer de Chine. À l'inverse, la Russie, minée par des tensions internes, dirigée à l'est par un commandement incompétent et ne parvenant pas à assurer une liaison militaire efficace avec l'ouest par son Transsibérien à voie unique, essuie aussi de lourdes défaites terrestres. La guerre russo-japonaise se solde en 1905 par un armistice qui humilie la Russie, laissant au Japon le Liao-dung, la moitié de l'île de Sakhaline et la prééminence sur la Corée. Le Japon devient le premier pays asiatique à avoir vaincu une puissance occidentale, ce qui lui confère, auprès des peuples d'Extrême Orient, un prestige qui subsistera jusqu'en 1945.

En 1914, le Japon déclare la guerre à l'Allemagne et récupère à la fin de la guerre les possessions allemandes du Pacifique.

En 1931, sous le prétexte d'incidents transfrontaliers, le Japon envahit le nord de la Chine qui devient en 1932 le Mandchoukouo, État indépendant sous protectorat japonais. L'année suivante, le Japon quitte la SDN, puis, en 1937, profitant de la faiblesse d'une Chine secouée par la guerre civile entre des troupes communistes (d'inspiration marxiste) et celles du Kuomintang, il occupe une partie nord-est de ce pays dans une guerre sino-japonaise qui prendra de plus en plus d'ampleur.

Une tentative d'occupation de la Mongolie (incident de Nomonhan) par l'armée shôwa est freinée en 1939 par l'Union Soviétique qui lui inflige une cuisante défaite. Les deux nations conviennent alors d'un traité de non-agression.

Showa adopte alors en 1941 le plan de son état-major qui prévoit une occupation du sud-est et l'établissement d'une “ sphère de la coprospérité de la grande Asie orientale”. Pour permettre l'accomplissement de son expansionnisme militaire sur l'Asie orientale et le contrôle des ressources de l'Asie du Sud-Est, le Japon doit cependant détruire la principale menace qui subsiste dans le Pacifique : la force navale américaine basée à Hawaii.

Résumé chronologique

Char d'assaut américain Sherman,   exposé au musée Mémorial de la Bataille de Normandie à Bayeux
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Char d'assaut américain Sherman, exposé au musée Mémorial de la Bataille de Normandie à Bayeux

Dès 1936, les futurs belligérants européens de la Seconde Guerre mondiale commencent à s'affronter plus ou moins directement dans le cadre de la Guerre civile espagnole. Dans le camp républicain, les brigades internationales (composées d'engagés volontaires majoritairement communistes venus surtout d'Europe centrale et de France, des républicains allemands et italiens et des démocrates anglo-saxons, parmi lesquels on trouvera André Malraux et George Orwell) combattent sous commandement espagnol. Dans le camp franquiste interviennent plusieurs divisions italiennes de « Chemises noires » commandées par des généraux italiens et une légion allemande d'aviation « Condor » (composée d'aviateurs de la Luftwaffe sous commandement allemand, qui viennent, par roulement, s'entraîner à leurs missions de bombardement sur les populations espagnoles) ainsi que quelques centaines de volontaires irlandais et une compagnie française.

Dès 1937, débute l'invasion de la Chine par le Japon (Guerre sino-japonaise (1937-1945)).

Dès 1938, après Munich et l'annexion des Sudètes et la réaction (très molle) de la France et du Royaume-Uni, rares sont les optimistes qui croient encore que la guerre peut être évitée, tandis que l'Union soviétique joue la carte nazie contre la Pologne et les « démocraties » avec le pacte germano-soviétique (dont une clause secrète à l'époque constituait un nouveau partage de la Pologne) .

Selon la date retenue par la majorité des historiens, la Seconde Guerre mondiale commence officiellement en Europe, lorsque la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939, en réaction à l'invasion de la Pologne par cette dernière, le 1er septembre 1939, suite à l'incident de Gleiwitz, un traité les liant à ce pays.

L'Union soviétique récupère de son côté la partie est de la Pologne et les pays baltes, comme convenu avec Ribbentrop. Puis elle attaque la Finlande le 30 novembre 1939 pour annexer la Carélie, ce qu'elle obtient par la paix de Moscou le 12 mars 1940, en dépit d'une résistance finlandaise inattendue.

Largement surclassée, l'armée polonaise est écrasée avant la fin septembre par l'Allemagne et l'URSS ; plus rien ne se passe sur le front ouest où les troupes franco-britanniques (sous commandement français) ne prennent aucune initiative militaire, nulle offensive n'intervenant pendant plusieurs mois (on assiste alors à la « Drôle de guerre »).

Au printemps, les alliés se préparent à couper l'approvisionnement en acier de la Suède vers l'Allemagne depuis la Norvège, mais l'opération tourne au fiasco, c'est l'incident de Narvik et l'Allemagne envahit le Danemark et la Norvège le 9 avril 1940. Le corps expéditionnaire du Royaume-Uni et de la France rembarque précipitamment lorsque la Belgique est envahie.

En effet, mai-juin 1940 voit l'invasion foudroyante par l'armée allemande des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Belgique et de la France (Blitzkrieg ou « guerre éclair »). L'armée belge capitule en mai 1940. L'Italie se joint alors à l'Allemagne et déclare la guerre à la France le 10 juin. Puis, en France, le gouvernement Pétain succédant le 16 juin 1940 à celui de Paul Reynaud, demande l'armistice et en accepte les conditions, le 22 juin; c'est à partir de ce moment que commence la période appelée l'Occupation.

Contre l'attente des stratèges nazis et des généraux français battus, le Royaume-Uni fait front avec succès à l'aviation allemande, car, bien que faible en forces terrestres (puisqu'elle avait supprimé son service militaire entre les deux guerres), elle dispose d'une flotte puissante, d'une aviation bien organisée, et, avec Churchill qui a remplacé Chamberlain, d'un bon moral. C'est la Bataille d'Angleterre.

Le Royaume-Uni dispose en outre de l'aide d'abord économique des États-Unis, puisque ceux-ci, bien qu'officiellement neutres, la fournissent en armes et en ravitaillement. Roosevelt obtient du Congrès en mars 1941, le vote de la loi «Prêt-Bail», qui lui permet d'apporter une aide matérielle illimitée au Royaume-Uni et à ses alliés.

Hitler, désespérant de prendre le Royaume-Uni et de l'amener à faire la paix érige une puissante chaîne de fortifications, surnommée « Mur de l'Atlantique », sur les côtes de l'Atlantique et de la Manche, et décide d'attaquer la Russie. Mais l'Italie fasciste vient elle-même d'agresser, à partir de l'Albanie, la Grèce qu'elle croyait sans défense. Or ce sont les forces grecques du dictateur nationaliste Metaxas qui sont victorieuses : après avoir contenu l'attaque des troupes de Mussolini, l'armée grecque les repousse et envahit à son tour l'Albanie italienne.

C'est alors que, pour prêter main forte aux Italiens, Hitler repousse de plusieurs semaines son opération contre la Russie, et envoie en avril 1941 ses troupes vers la Grèce, à travers la Hongrie sympathisante et la Yougoslavie affaiblie par la division entre multiples factions (communistes et anti-communistes, nationalistes de tous bords, notamment les nationalistes croates ou oustachis d'Ante Pavelic et leurs ennemis serbes partisans marxistes de Tito).

Les nazis battent les armées yougoslave et grecque, ce qui leur permet d'occuper tout le sud de l'Europe. Mais, du même coup, ils viennent :

  • de se créer un front supplémentaire en Yougoslavie, où les résistances nationaliste de Mihaïlovitch (Tchetniks) et marxiste de Tito (Partisans), allaient lui immobiliser de 13 à 20 divisions jusqu'à la fin de la guerre ;
  • de retarder de cinq semaines l'opération Barbarossa contre l'URSS, qui ne peut commencer que le 22 juin 1941 au lieu du 15 mai.

Si bien que, malgré une avance foudroyante et la capture de nombreux soviétiques, la Wehrmacht est stoppée en décembre 1941, à une trentaine de kilomètres de Moscou sous un froid glacial et sans équipement adéquat. C'est la deuxième fois depuis la Campagne de Russie (1812), en 1812, que les Russes seront sauvés par la rigueur de leur hiver. Les Soviétiques lancent alors avec leurs troupes sibériennes une offensive d'hiver qui, au prix de pertes effroyables, oblige les envahisseurs à reculer. Il est vrai que, selon la propagande nazie, il ne s'agissait que d'un « repli élastique »…

À partir de ce moment, c'est la campagne de Russie qui va accaparer l'essentiel des efforts militaires allemands, et conduire Hitler à ne consacrer que des efforts insuffisants au front de Libye, alors qu'avec des renforts plus importants, Rommel aurait pu atteindre le canal de Suez.

À l'Est, les Japonais détruisent la flotte américaine du Pacifique, le 7 décembre 1941, à Pearl Harbor, sauf ses porte-avions qui étaient sortis en mer à ce moment là[1] (voir Attaque sur Pearl Harbor). Les Japonais envahissent alors les Philippines et les Indes orientales néerlandaises, en janvier-août 1942, ainsi que tout le Sud-Est asiatique. Ils ne sont arrêtés qu'en Birmanie.

L'Allemagne coule deux navires mexicains au cours du mois de mai 1942. Devant son refus de payer des dommages et intérêts, le parlement mexicain lui déclare la guerre le 2 juin 1942, suivi par d'autres États latino-américains. L'aviation mexicaine participe à la guerre du Pacifique.

Mais au début de juin 1942, la bataille aéronavale des îles Midway coûte quatre porte-avions aux Japonais. Ainsi sont-ils désormais placés sur la défensive dans le Pacifique, dont les États-Unis commencent la reconquête, île par île.

Mais Roosevelt, bien qu'entré en guerre à la suite de l'agression japonaise, a compris que l'ennemi principal est l'Allemagne, qui lui a déclaré la guerre en solidarité de son allié japonais après trois jours. Or l'Union soviétique, menacée par une nouvelle offensive dans le secteur de la Volga et en direction des pétroles du Caucase, supporte presque seule (du matériel lui est envoyé) l'effort de guerre allié en Europe. Un second front doit donc être créé pour la soulager.

Après des hésitations, Churchill et Roosevelt se décident pour l'Afrique du Nord, où Roosevelt, influencé par ses représentants Leahy et Murphy, espère le ralliement de l'armée de Vichy. C'est l'Opération Torch, qui se traduit par le débarquement des Forces alliées en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942. En réalité, les troupes de Vichy accueillent initialement les alliés à coups de canon à Oran et au Maroc, pendant que la Tunisie est livrée sans combat aux Allemands suite aux tergiversations de l'amiral Esteva et de l'amiral Derrien, hésitant entre les ordres de Darlan (après son ralliement forcé aux Alliés) et de Vichy. Le 8 décembre, après un ultimatum avec délai d'acceptation de trente minutes du général Nehring, Bizerte se rend et l'escadre française tombe aux mains des Allemands (trois torpilleurs, deux avisos et neuf sous-marins).

Le débarquement réussit cependant à Alger, grâce à la résistance française (putsch du 8 novembre 1942) et au ralliement forcé de l'amiral Darlan. À partir de ce moment, l'armée d'Afrique entre en guerre dans le camp allié et, pour commencer, participe à la campagne de Tunisie.
À la Conférence de Casablanca (1943), tenue entre le 14 et le 24 janvier, Roosevelt et Churchill décident de poursuivre leurs offensives en Sicile puis en Italie, et de renforcer leur soutien à l'Union soviétique. Quant à l'armée française d'Afrique, elle va participer aux campagnes d'Italie et enfin au débarquement en Provence.

Après le débarquement allié en Italie, ce pays cesse les hostilités puis change de camp en 1943. L'année suivante, en 1944, à l'approche des troupes soviétiques, les armées de la Roumanie et de la Hongrie changent de camp.

Quant à la Yougoslavie, elle se libère toute seule, ce qui confère, par la suite, une forte autorité et une grande indépendance au chef marxiste de l'armée des partisans, Tito.

L'Allemagne nazie capitule le 7 mai 1945 à Reims, et c'est officiellement le 8 mai 1945 qu'est proclamé l'armistice qui met fin à la guerre en Europe. Le 8 mai est devenu depuis un jour férié en France.

En Asie, la guerre ne s'achève que le 2 septembre 1945, lorsque le Japon reconnaît sa défaite et capitule sans condition après le largage, par les États-Unis, des deux premières bombes atomiques sur les villes d'Hiroshima et de Nagasaki et la déclaration de guerre de l'URSS.

Différents théâtres d'opération

Théâtre européen

Après s'être assuré que l'URSS participerait au démembrement du pays en signant le pacte Molotov-Ribbentrop, Hitler lance ses armées sur la Pologne, le 1er septembre 1939, sans déclaration de guerre (voir : incident de Gleiwitz). En application de leur alliance, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne. En particulier, la France a garanti après 1918 par des traités d'assistance mutuelle l'existence de la plupart des pays nouvellement créés en Europe centrale (avec l'arrière-pensée de créer un cordon sanitaire autour de l'Allemagne). Cependant, malgré la pression de Chamberlain, pas plus qu'elle n'a respecté ses engagements envers les précédentes victimes d'Hitler, la France ne respecte ses obligations envers la Pologne : celles-ci prévoyaient que la France attaquerait l'Allemagne 15 jours après le début de la mobilisation générale. Mais les Français restent l'arme au pied alors que la Pologne fait seule face à l'agression allemande puis soviétique. Les Allemands utilisent alors pour la première fois la tactique de la « guerre éclair » (Blitzkrieg), qui assure à la Wehrmacht une victoire rapide malgré la contre-offensive de la Bsura. L'URSS prend alors sa part de la Pologne ainsi que les États baltes, et attaque la Finlande (Guerre d'Hiver) pour lui prendre la région frontalière de Carélie, près de Leningrad. Les Finlandais résisteront trois mois puis finiront par céder.

Après sa première campagne victorieuse, Hitler se tourne vers l'ouest, mais rien ne se passe sur ce front pendant plusieurs mois. Retranchés derrière la ligne Maginot, les Français attendent l'assaut allemand pour l'endiguer. C'est la drôle de guerre. Mais la stratégie française du généralissime Gamelin est prise en défaut lorsque le 10 mai 1940, l'Allemagne lance l'opération Fall Gelb, une vaste offensive sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg violant la neutralité de ces États, puis à travers les Ardennes – la percée de Sedan – afin de prendre à revers la ligne Maginot.

Les armées franco-britanniques se déploient vers le nord pour défendre la Belgique mais se trouvent prises à revers, puis finalement encerclées autour de Dunkerque. La Royal Navy et les bateaux de plaisance britanniques évacuent leurs troupes et une large partie des forces françaises à Dunkerque (Opération Dynamo) en abandonnant leur équipement lourd, tandis qu'un rideau de troupes françaises freine la réduction du réduit avant d'être fait prisonnier. Gamelin est remplacé par le général Maxime Weygand, qui ne réussit pas à mettre en place une ligne de défense le long de la Somme, jusqu'à la ligne Maginot. Il arrive trop tard, et son action, qui commence par retarder la riposte à la trouée allemande, ne peut qu'aggraver la situation, la France n'ayant plus de réserves. Après quelques jours de combats acharnés, cette ligne est percée. Dès lors, plus rien ne peut enrayer l'avancée nazie. Le président Paul Reynaud démissionne et le nouveau gouvernement du maréchal Philippe Pétain choisit de demander l'armistice. Il est signé le 22 juin Rethondes, dans l'ancien wagon de l'armistice de 1918), et laisse à l'Allemagne le contrôle de la partie nord et ouest de son territoire. Pétain instaure en France un régime autoritaire, le Régime de Vichy, et, quelques mois plus tard, le 30 octobre 1940, il préconise la collaboration avec l'ennemi.

À Londres, le général français Charles de Gaulle décide de continuer la guerre et forme une légion de volontaires, qui se transforme en mouvement de la France Libre, pour résister à l'Allemagne. Un certain nombre de Français le rejoignent et une partie des colonies françaises se rallient à lui. De Gaulle est le chef de ce mouvement, et ses Forces Françaises Libres (FFL) combattent aux côtés du Royaume-Uni sur tous les fronts, contre les forces allemandes et italiennes. Le Bureau de Renseignement et d'action de la France Libre organise aussi des réseaux de sabotage en France, contre les forces d'occupation.

Pendant ce temps, l'Italie attaque également la France, mais ne progresse que de quelques kilomètres, stoppée par la forte résistance des rares unités françaises qui défendent la frontière en Provence. Cependant, le gouvernement interdit à la Royal Air Force de riposter.

L'Allemagne ne parvient pas à vaincre la Royal Air Force dans la Bataille d'Angleterre. Ainsi, elle ne peut obtenir la supériorité aérienne nécessaire pour envahir les îles britanniques. Par conséquent, elle commence une campagne de bombardement (dite le Blitz, l'éclair), notamment sur des villes comme Coventry et un blocus (dit Bataille de l'Atlantique) par sous-marins pour affaiblir le Royaume-Uni. Mais c'est un échec, l'Allemagne ne parvient pas à briser la résistance britannique.

Voyant les succès de l'Allemagne, Mussolini veut aussi lancer son pays dans les conquêtes. Il a déjà occupé l'Albanie au début de 1939, et il décide d'attaquer la Grèce. Mais la résistance grecque de l'armée du dictateur Metaxas est farouche et se transforme en offensive victorieuse : Les Grecs occupent alors le quart sud de l'Albanie italienne. Pour prêter main forte aux Italiens, Hitler repousse de plusieurs mois l'opération contre la Russie, et envoie en avril 1941 ses troupes vers la Grèce, à travers la Hongrie (qui est son alliée) et la Yougoslavie pro Alliés, où les nazis sont aidés par les croates nationalistes d'Ante Pavelić. Vainqueur en apparence, Hitler écrase les armées yougoslave et grecque, ce qui lui permet d'occuper tout le sud de l'Europe. Mais, du même coup, il vient :

  • de se créer un front supplémentaire en Yougoslavie, où les résistances nationaliste de Mihaïlovitch (Tchetniks) et communiste marxiste de Tito (Partisans), vont lui immobiliser 20 divisions depuis la fin de 1942 jusqu'à la fin de la guerre ;
  • de retarder de plusieurs mois l'expédition Barbarossa qui ne commence que le 22 juin 1941. Malgré une progression victorieuse, les forces allemandes vont alors être surprises par l'hiver russe, sans l'équipement adéquat, aux portes de Moscou, tandis que leurs blindés vont s'enliser dans la boue.

L'Allemagne, en attaquant par surprise l'Union soviétique lors de l'opération Barbarossa, s'empare de grandes portions de territoires, capturant de nombreux soldats.
Ils le font d'autant plus facilement que Staline, qui de toute sa vie n'a fait confiance à personne, a choisi de faire confiance à Hitler, alors qu'il reçoit depuis des mois des informations précises et concordantes de ses agents à l'étranger. Il a cependant refusé d'en tenir compte et de prémunir ses troupes contre ce risque d'agression. De plus, aux premières heures de l'attaque, Staline, dans l'espoir d'arranger les choses avec Hitler, interdit même aux forces soviétiques de résister, pendant les deux premiers jours de l'invasion, alors qu'elles sont martelées par les bombes allemandes.

Cependant, les Soviétiques déplacent leur base industrielle dans l'Oural, tandis que l'armée rouge oppose une défense héroïque qui, aidée par un hiver éprouvant, leur permet de défendre notamment Moscou et Leningrad.

Uniforme soviétique de la Seconde Guerre mondiale
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Uniforme soviétique de la Seconde Guerre mondiale

Au printemps 1942, l'armée allemande reprend l'offensive en concentrant celle-ci vers les champs de pétrole du Caucase, au sud. À la fin de l'année, la VIe armée, avec plus de 300 000 hommes, est détruite à Stalingrad qui représente un verrou pour le contrôle du Caucase. En 1943, la Wehrmacht reprend l'initiative à la troisième bataille de Kharkov, mais est brisée à la grande bataille de Koursk.

En 1943, après un débarquement en Sicile, puis un autre dans la péninsule italienne, les Alliés avancent en Italie. Mussolini chassé, le pays capitule et se range du côté des Alliés. Néanmoins, l'Allemagne peut tenir une ligne de défense dans les montagnes qui freine cette progression dans la péninsule. Il faut attendre début 1945 pour que les Nazis soient complètement repoussés d'Italie.

Les Alliés prennent pied en Normandie avec l'opération Overlord à partir du 6 juin 1944. Les soldats alliés qui débarquent sont principalement états-uniens, britanniques et canadiens. Un autre débarquement est organisé par les FFL en août (à partir du 15), en Provence avec l'opération Anvil Dragoon, pour libérer le sud de la France et ouvrir un deuxième front en France. L'Allemagne tente une contre-offensive désespérée dans la Bataille des Ardennes en décembre, où elle perd ses dernières réserves militaires.

En 1945, les Alliés peuvent franchir le Rhin et occuper de vastes secteurs de l'ouest et du sud de l'Allemagne, tandis que, à l'est, les Soviétiques progressent de façon continue, libérant l'Europe centrale puis atteignant Berlin. Hitler se suicide le 30 avril d'une balle dans la tête dans son bunker de la Chancellerie. Le même jour, les Soviétiques plantent leur drapeau sur le toit du Reichstag, le siège du Parlement allemand, dans un Berlin en ruine. Toute résistance militaire nazie cesse alors. Mais la Bataille de Berlin continue jusqu'au 2 mai, puisque quelques civils continuent à résister. L'Allemagne se rend sans condition le 8 mai 1945. Le Troisième Reich pour lequel Hitler prédisait une durée d'un millénaire aura finalement semé la destruction un peu plus de 12 ans.

Théâtres africain et du Moyen-Orient

L'armée italienne, partant de sa colonie de Libye, attaque les troupes britanniques et du Commonwealth en Égypte, mais est mise en déroute jusqu'à ce que l'Allemagne la renforce. Des combats se succèdent alors, dans le désert d'Afrique du nord, entre les forces italiennes appuyées par l'Afrika-Korps d'Erwin Rommel et la 8e armée britannique. En mai 1942, Rommel lance une grande offensive vers l'est pour atteindre Suez, et bouscule les forces britanniques, mais il est arrêté 14 jours à Bir Hakeim par la 1re Brigade Française libre du général Koenig, ce qui donna le temps aux Britanniques en déroute de se regrouper sur la ligne fortifiée d'El Alamein, que Rommel ne parvient pas à franchir. Puis en octobre 1942, c'est la 8e Armée britannique, commandée par Montgomery, qui attaque à son tour les forces de l'Axe et remporte la seconde bataille d'El Alamein. Celle-ci met fin à la présence de l'Axe en Libye, quelques jours après le succès du Débarquement allié en Afrique du Nord.

Le 8 novembre 1942, en effet, pour soulager l'Union soviétique qui résiste seule à l'assaut allemand, les forces américaines et britanniques ont débarqué par l'Opération Torch, au Maroc et en Algérie contrôlés par le gouvernement de Vichy. Roosevelt, désinformé par ses représentants Leahy et Murphy, espérait, contre tout réalisme, le ralliement de l'armée de Vichy.

Malheureusement les généraux de Pétain accueillent les alliés à coups de canon à Oran et au Maroc, tandis qu'ils livrent, sans un seul coup de revolver, la Tunisie et sa flotte de Bizerte à une poignée de Germano-Italiens.

Le débarquement allié en Afrique du Nord réussit cependant à Alger, où 400 patriotes français réussissent à neutraliser le 19e Corps d'Armée vichyste pendant une quinzaine d'heures. Passé leur surprise les généraux vichystes, au lieu de s'opposer aux forces de débarquement, en dehors d'une escarmouche dans le port d'Alger, passent la journée du 8 novembre à essayer de reprendre les points stratégiques tenus par les patriotes, sans d'ailleurs y parvenir totalement. Ainsi cet audacieux putsch du 8 novembre 1942 a t'il permis aux Alliés de débarquer sans opposition, d'encercler Alger, et d'obtenir, le jour même à 17 heures, la capitulation du général Juin et de l'amiral Darlan. Contrôlant dès le premier jour un grand port intact, le succès du débarquement est assuré, grâce à la résistance française. Il reste au général Clark, qui tient à sa merci les chefs de l'Armée d'Afrique, à obliger sous la menace Juin et Darlan, après 3 jours de pression, à ordonner le cessez-le-feu à Oran et au Maroc, les 10 et 11 novembre 1942.

Darlan change alors de camp et instaure à Alger, sous la dénomination de « Haut Commissariat de France en Afrique », un gouvernement vichyste local sous protectorat américain. Darlan puis Giraud y maintiennent le régime de Vichy, avec ses lois d'inspiration hitlérienne et ses camps de concentration (Voir Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43), alors qu'ils ne sont plus soumis à aucune pression nazie. Mais l'armée d'Afrique entre en guerre dans le bon camp, et participe aux campagnes de Tunisie, puis d'Italie et enfin au débarquement en Provence. Parallèlement, à la suite de la fusion du Comité français de Londres, dirigé par de Gaulle et du Commandement Civil et Militaire dirigé par Giraud, un nouvel organisme, le Comité français de la Libération nationale (CFLN) est institué. Sous l'autorité du général de Gaulle, il fait disparaître les derniers vestiges du vichysme dans l'Empire.

Les alliés chassent finalement l'Axe du continent africain, avec l'aide de l'armée d'Afrique retournée et des Forces Françaises Libres. Depuis l'Afrique du Nord, les Alliés peuvent alors organiser les débarquements en Sicile et en Italie en 1943, et en Provence en 1944.

Théâtre asiatique

Voir l’article Campagnes du Pacifique.
Maquette d'un porte-avions américain
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Maquette d'un porte-avions américain

À compter de 1937 en Chine, l'armée nationaliste du Kuomintang sous Tchang Kaï-chek et les communistes marxistes sous Mao Zedong font front commun contre les Japonais mais généralement sans coopérer.

Enlisée en Chine, l'armée japonaise a systématiquement recours, dès 1937, à l'utilisation d'armes chimiques. Selon les historiens Matsuno et Yoshimi, celles-ci furent notamment utilisées à 375 reprises pour assurer l'invasion de la ville de Wuhan à l'automne 1938. L'emploi d'armes bactériologiques est quant à lui autorisé par le quartier général impérial à compter de 1940 mais jamais contre des occidentaux.

Soumis à compter de 1941 à un embargo sur le pétrole après son occupation de l'Indochine, le Japon ne peut plus désormais réaliser sa politique expansionniste sans détruire la principale menace qui peut encore s'opposer à lui dans le Pacifique : la force navale des États-Unis basée à Hawaii. Employant à nouveau la stratégie qui lui a réussit contre la Russie, le Japon décide de bombarder Pearl Harbor le 7 décembre 1941 par surprise. La flotte est fortement endommagée mais les porte-avions sont en mer.

Simultanément, l'armée japonaise occupe les possessions britanniques, hollandaises et américaines d'Asie du Sud-Est comme Hong Kong, Singapour (massacre de 10 000 civils), l'Indonésie et les Philippines (marche de Bataan) et s'emparent des champs pétroliers de Malaisie menaçant même l'Australie. L'Indochine française est déjà passée sous son contrôle militaire avec l'accord du Régime de Vichy le 21 juillet 1941.

Carte des débarquements U.S. dans l'Océan pacifique de 1942 à 1945.
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Carte des débarquements U.S. dans l'Océan pacifique de 1942 à 1945.

Le Raid de Doolittle en avril 1942 marque le début de la riposte américaine. En mai 1942, la bataille entre porte-avions de la Mer de corail tourne à l'avantage des alliés. Un mois plus tard, celui ci est accentué par celle de Midway.

En mai 1942, l'armée showa tente de neutraliser la résistance communiste chinoise en lançant l'opération "tue tout, vole tout, brûle tout" (sankô sakusen) dans le nord de la Chine.

En dépit de la détermination de l'armée japonaise, les Alliés reprennent peu à peu les îles du Pacifique comme à Guadalcanal, les Salomon puis les Philippines après la bataille du golfe de Leyte.

La capture des îles proches du Japon comme Iwo Jima et Okinawa permet de lancer des attaques aériennes directes. Tōkyō subit un bombardement incendiaire tandis que Hiroshima et Nagasaki (ce devait être Kokura) subissent une attaque nucléaire.

La déclaration de guerre de l'URSS et l'invasion du Manchukuo par les forces soviétiques provoque finalement la reddition du Japon le 15 août 1945, confirmée par la signature des actes officiels le 2 septembre à bord de l'USS Missouri.

Le site d'Hiroshima, après le bombardement nucléaire
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Le site d'Hiroshima, après le bombardement nucléaire

Moyens militaires des belligérants

Armes

La Seconde Guerre mondiale a vu un développement très important des armes de tous types, en puissance et en quantité. Voir Armes utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale.

Lignes défensives

Troupes américaines parachutées sur les Pays-Bas, 1944
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Troupes américaines parachutées sur les Pays-Bas, 1944


Puissance navale des différentes nations en 1939
Bâtiments Alliés Axe
France Royaume-Uni Total Allemagne Italie Total
Porte-aéronefs 1 8 9
Cuirassés 7 12 19 5 2 7
Croiseurs 19 50 69 6 22 28
Destroyers 70 94 164 17 59 76
Sous-marins 77 38 115 57 115 172
Escorteurs 87 87

Affrontements militaires

Affrontements avant 1939 liés à la seconde guerre mondiale

Batailles et opérations militaires

Batailles navales

Principales campagnes de bombardement

Enfant chinois pleurant dans les décombres de Shanghaï après le bombardement de la ville par l'aviation japonaise en 1937
Enfant chinois pleurant dans les décombres de Shanghaï après le bombardement de la ville par l'aviation japonaise en 1937

Affrontements post-guerres liés à la seconde guerre mondiale

  • Incident Mukden
  • Guerre d'Éthiopie
  • Guerre d'Albanie

Conséquences historiques

La Seconde Guerre mondiale contribue, à travers son bilan plus ou moins préjudiciable aux participants, à l'émergence de deux superpuissances qui vont se partager le monde : les États-Unis d'Amérique (USA) et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

La Société des Nations, à laquelle on impute d'avoir échoué à empêcher la guerre, est remplacée par l'Organisation des Nations unies. La charte des Nations unies est rédigée à San Francisco en juin 1945.

Les principaux dignitaires de la hiérarchie nazie sont jugés, et la plupart condamnés, pour crime contre l'humanité ou crime de guerre lors d'un procès international à Nuremberg.

L'opération Paperclip, l'organisation Gehlen et le réseau Gladio, initialisés et soutenus par les services secrets américains, OSS puis CIA, ont évité des procès pour crimes de guerre à des milliers d'ex-responsables nazi et les ont placés à des postes de responsabiltés au moins aussi importants que ceux qu'ils avaient pendant la guerre. Ce faisant ils ont eu un rôle considérable dans le déclenchement et l'entretien de la guerre froide ainsi que dans l'instauration et le maintien de nombreuses dictatures en Amérique du Sud et Centrale, et ailleurs dans le monde.

La recherche scientifique et la technique, dans l'ensemble, bénéficient d'une forte impulsion, en particulier pour la maîtrise de l'atome dans le projet Manhattan.

Conséquences au Royaume-Uni

V for Victory, Churchill au balcon de Whitehall,  le 8 mai 1945 (jour V-E)
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V for Victory, Churchill au balcon de Whitehall, le 8 mai 1945 (jour V-E)

Les autres alliés en effet, et si l'on excepte le Royaume-Uni, ont un rôle mineur ou bien sont écartés des négociations qui aboutissent à la mise en place de deux zones d'influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam. Cette situation, qui porte en elle les germes de la Guerre froide, dure jusqu'en 1989.

Le Royaume-Uni sort considérablement affaibli de la guerre. Celui-ci, en effet, a consacré la fin des puissances coloniales. Par la suite, les îles britanniques connaissent une crise sans précédent, due à la reconstruction et à la restructuration de son économie.

Conséquences en France

Au cours de la bataille de Normandie, le général de Gaulle, accueilli en libérateur par les Français, parvient à obtenir des alliés la reconnaissance de la pleine autorité de son gouvernement, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) (proclamé le 3 juin à Alger), sur la métropole. Il fait en sorte que la France soit reconnue par le camp allié comme un vainqueur. Cette reconnaissance lui permet d'occuper une partie de l’Allemagne, d'obtenir un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, etc.

La Libération de la France s'accompagne de l'épuration d'une partie des personnes suspectées, à raison ou à tort, d'avoir collaboré. Les Allemands et leurs collaborateurs ont multiplié les atrocités sous l'occupation, puis dans leur retraite. Aussi dans les territoires libérés par les résistants, de nombreuses exécutions sont expéditives et pas toujours précédées de jugements. Des femmes sont tondues pour « collaboration horizontale ». De ce fait, des erreurs sont commises dans cette libération rapide, et des innocents injustement assassinés. Les historiens estiment qu'environ 11 000 exécutions sommaires ont lieu. L'épuration sauvage a pu être d'autant plus brutale que la population peut avoir envie de se venger des exactions de la milice et des Allemands dans leur déroute et que le gonflement des effectifs de la résistance a permis à certains résistants de la 24e heure de se dédouaner ainsi à peu de frais. On a observé le même phénomène lors de l'indépendance de l'Algérie.

À l'opposé, certains collaborateurs sont parfois acquittés ou condamnés à de faibles peines (malgré la gravité de leurs crimes) par les tribunaux réguliers dont la majorité des juges ont prêté serment à Pétain. C'est ainsi que le secrétaire d'État à l'Intérieur de Pétain, René Bousquet (qui mit la police et la gendarmerie françaises à la disposition des occupants pour faire la chasse aux résistants) est acquitté. À noter que les collaborateurs n'ont été poursuivis que pour trahison, et pas pour crime contre l'humanité.

De Gaulle empêche le développement d'une situation armée insurrectionnelle (voir Histoire de la France), en amalgamant les mouvements ayant participé à la Résistance à l'armée régulière issue de l'armée d'armistice cantonnée en Afrique (dont nombre de cadres avaient été vichystes avant de se rallier en 1942). Non sans mal, les résistants des Forces françaises de l'intérieur (FFI) et des Francs-tireurs et partisans (FTP) sont intégrés dans l'armée régulière sans trop d'à-coups. L'intégration des milices patriotiques du PCF est négociée contre leur participation au gouvernement et l'amnistie de Maurice Thorez.

Au nom de la reconstruction du pays et afin de permettre à la France de tenir son rang nouvellement restauré aux côtés des alliés, l'épuration de l'administration est limitée. Certains hauts fonctionnaires invoquent la continuité de l'État comme acte de résistance. Les policiers dont une partie a poursuivi les résistants se dédouanent par une insurrection à Paris à la veille de la Libération. Certains collaborateurs se font oublier en intégrant des régiments de FFI ou en s'engageant dans le corps expéditionnaire d'Extrême-Orient (engagé en Indochine), ce qui est par la suite exploité par la propagande viet Minh.

La France oublie qu'elle fut anglophobe et pétainiste après le bombardement de Mers el Kebir, que des gendarmes français gardèrent le camp de concentration de Drancy et convoyèrent les convois de déportés jusqu'à la frontière. Toutefois, la proportion de Juifs d'avant-guerre ayant survécu est la plus importante de tous les pays occupés, bien que les juifs dit apatrides furent bien moins protégés que les juifs français. Pour un temps, la législation française considéra que seuls les Allemands peuvent être poursuivis pour crimes contre l'humanité. Le procès manqué de Bousquet ainsi que les procès tardifs de Paul Touvier et Maurice Papon sont emblématiques de cette politique.

Conséquences aux États-Unis d'Amérique

Les États-Unis d'Amérique prennent l'initiative d'avoir une attitude positive. Ils imposèrent la démocratie, particulièrement au Japon, à travers une épuration et un contrôle des rouages de l'État et de l'éducation. Parallèlement, ils fournissent une aide économique à la reconstruction de l'Europe, connue sous le nom de plan Marshall.

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont avec l'URSS l'une des deux plus grandes puissances mondiales. Les États-Unis possèdent la première flotte de guerre, la première flotte de commerce, ils détiennent 75 % des stocks d'or du monde (d'où la devise « dollar as good as gold », le dollar est aussi sûr que l'or).

Conséquences en URSS

Staline n'est pas en reste et fut l'un des grands gagnants du conflit, le prestige et le rôle de l'Union Soviétique sortent grandis. Pour les russes, cette grande guerre patriotique menée sur le front de l'Est invoqua la survie de la nation . Les annexions de 1939-1940 sont confirmées et d'autres sont venues se rajouter augmentant sa superficie de 475 000 km² et rajoutant 24 millions d'habitants à sa population, les nations de ce que l'on appellera l'Europe de l'Est tombe sous le contrôle de l'URSS. La ligne frontière séparant cet ensemble de pays de l'Europe occidentale, et dénommée par les occidentaux rideau de fer, fut par la suite le théâtre de la Guerre froide.

Holocauste de masse (Shoah)

L'expression hébraïque Shoah (anéantissement) désigne l'extermination en masse, systématique et programmée, des civils juifs, enfants compris. Environ 6 millions de juifs en furent les victimes, soit les trois quarts des Juifs de l'Europe occupée et les deux tiers de ceux du Vieux Continent. Ce génocide fut perpétré par les nazis de 1942 à 1945 selon des méthodes industrielles.

En tout environ 11 millions de personnes furent tuées : près de six millions de Polonais, dont trois millions de Juifs et trois millions de catholiques ; trois millions de Juifs des autres pays d'Europe ; et deux millions de Tziganes, handicapés, homosexuels, témoins de Jéhovah et autres.

Heinrich Himmler déclara : « Tout le peuple polonais disparaîtra du monde […]. Il est essentiel que le grand peuple allemand considère tâche majeure que celle de détruire tous les Polonais. »

Aux côtés des juifs, d’autres populations furent victimes de la même volonté raciste d'extermination systématique des éléments considérés comme « nuisibles » ou simplement « inférieurs » par les nazis :

  • les Tziganes ;
  • les handicapés ;
  • des prisonniers de guerre, français des colonies d'Afrique noire, polonais et russes (exécutions de masse ou par sous-alimentation) ; l'historien de la Wehrmacht Omer Bartov estime que celle-ci exécuta sur place 600.000 prisonniers soviétiques au second semestre de 1941 et en laissa mourir de faim 1.4 million d'autres, sans oublier que sur les 5.3 millions de prisonniers transférés en Allemagne, 3.3 millions périrent de malnutrition délibérée et de traitements sauvages
  • les homosexuels. Avec un taux de mortalité de 60 % dans les camps nazis, ils furent le second groupe le plus assassiné après les Juifs et avant les Tziganes, et durent en outre endurer fréquemment l'homophobie d'autres détenus.

Outre cette extermination systématique, des gens appartenant à d'autres catégories ont aussi été envoyés dans les camps d'extermination, mais avec moins de systématisme :

  • les témoins de Jéhovah ;
  • des civils polonais ;
  • des opposants, résistants, militants (catholiques, communistes, etc.)

Ceci en sus des crimes de guerre (tortures, massacres etc.). Il convient de préciser toutefois que les conventions internationales (les « lois de la guerre ») ne protègent pas les partisans, « résistants » et autres combattants sans uniforme.

L'Holocauste fut pratiqué dans un premier temps par des exécutions de masse pratiquées par la Wehrmacht puis par les Einsatzgruppen dans les territoires polonais et soviétiques.

Après la Conférence de Wannsee (20 janvier 1942), la politique d'extermination (« la solution finale de la question juive » dans la terminologie nazie) vise les juifs de tous les pays occupés et prend un tour industriel. Les juifs sont déportés dans des camps d'extermination dans lesquels les victimes sont gazées en masse, invalides, malades et enfants d'abord. Les civils valides sont quant à eux rapidement épuisés avant d'être à leur tour gazé.

Les principaux camps d'extermination furent :

Il faut distinguer les camps d'extermination des camps de prisonniers de guerre pour occidentaux (Stalag) et des camps de concentration. Les premiers ont pour finalité l'extermination des juifs et autres personnes qualifiées de « sous-hommes » par le régime nazi. Les camps de concentration sont établis pour garder prisonnier les opposants réels ou présumés, les pilotes alliés, des droits communs, etc. (par exemple Buchenwald). Si le but premier des camps de concentration n'est pas l'extermination, les conditions particulièrement dures de détention et les mauvais traitements y entraînent une forte mortalité. Les camps de prisonniers pour occidentaux (Stalag) sont plus « doux ». Par contre, ceux destinés aux prisonniers russes sont particulièrement meurtriers au début de l'Opération Barbarossa, jusqu'à ce que Speer s'inquiète du problème de main d'œuvre dans l'industrie de guerre.

Exactions et crimes de guerre

Comme le montre ce graphique, plus de la moitié des victimes furent des civils
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Comme le montre ce graphique, plus de la moitié des victimes furent des civils

De nombreux massacres de civils ou crimes de guerre sont perpétrés au cours de ce conflit :

Sur le théâtre d'opération européen 
  • génocide (déportation suivie de l'extermination) des juifs par les nazis
    • expériences pseudo-médicales de nombreux médecins nazis dans les camps de concentration, notamment du docteur Mengele
  • en France (massacres commis par les nazis)
    • exécutions d'otages par les Allemands à Châteaubriant, à Paris, à Lyon, à Limoges, etc. à partir de l'automne 1941. L'historien Serge Klarsfeld a établi la liste de 1007 otages et résistants fusillés au Mont-Valérien près de Paris, dont 117 étaient juifs.
    • massacre d'Oradour-sur-Glane, le plus important avec 654 victimes dont des femmes et des enfants, exécuté par la division SS Das Reich. Il y eut 4 rescapés.
    • massacres à Ascq, à Tulle, à Maillé-en-Tourraine, à Etobon, etc. perpétrés par les SS.
    • torture et massacre des civils et des combattants du maquis du Vercors, par des unités de la Wehrmacht (juillet 1944)
  • en Pologne
    • affamement et déportation du ghetto de Varsovie
    • « nettoyage » du ghetto de Varsovie par les SS après l'insurrection des derniers survivants
    • extermination de 50.000 membres des élites polonaises par les SS et la Gestapo (prêtres, aristocrates, professeurs, officiers). L'enseignement secondaire, les séminaires et les universités furent fermées, tout comme les théâtres par exemple, et ce n'est qu'à un système remarquable de cours clandestins - les komplety - que les Polonais parvinrent à instruire et à sauver cinq classes d'âge de bacheliers (Jacques Sémelin, Sans armes face à Hitler. La résistance civile en Europe, Payot, 1996)
    • massacre de 5.000 officiers polonais à Katyń, par l'armée soviétique (l'URSS a reconnu sa responsabilité après plusieurs décennies, ayant longtemps accusé les nazis d'être responsables de ce massacre)
    • massacre de 10 000 autres officiers polonais en d'autres lieux, soit 15 000 personnes tuées froidement d'une balle dans la nuque par le NKVD, ancêtre du KGB
    • destruction à 90 % de Varsovie par l'armée allemande après le soulèvement de l'Armia Krajowa. Manquant de moyens pour franchir la Vistule et immobilisée par ordre de Staline pour des raisons politiques, l'Armée Rouge laissa les Allemands écraser la rébellion polonaise et ne lui apporta ni armes ni aide.
  • en Union Soviétique
    • affamement de prisonniers de guerre russes
    • 20 millions de citoyens de l'Union Soviétique sont tués, dont un très grand nombre de prisonniers de guerre exécutés par les allemands, et aussi des civils dont les villages et villes sont anéantis.
  • en Yougoslavie
    • déportation de dizaines de milliers de Serbes, Juifs et Roms dans les camps de la mort (notamment à Jasenovac) par les fascistes croates (les Ustasha)


Sur le théâtre d'opération du Pacifique 
Cadavres d'enfants chinois massacrés à Nankin en décembre 1937 par l'armée japonaise
Cadavres d'enfants chinois massacrés à Nankin en décembre 1937 par l'armée japonaise

La décision prise en août 1937 par Hirohito de suspendre l'application des Traités internationaux sur la protection des prisonniers de guerre entraîna la mort de plusieurs millions de civils en Chine et dans les pays du sud est asiatique. Elle causa aussi la mort d'une quantité phénoménale de prisonniers alliés détenus dans des conditions atroces (témoignage de Roger Cyr des Royal rifles [1]) ainsi que les crimes suivants :

  • rapt à des fins sexuelles de plus d'un million de « femmes de réconfort », surtout des coréennes par les soldats japonais
  • en Chine
    • Massacre de Nankin au cours duquel les troupes japonaises pillent la ville pourtant évacuée par les troupes chinoises et massacrent entre 150 000 et 300 000 civils après avoir commis diverses exactions dont des viols en série
    • Opération "tue tout, vole tout, brûle tout" (sankô sakusen) mise en branle en mai 1942 dans le nord de la Chine et ayant entraîné la mort d'environ 2,7 millions de civils. [2]
    • expérimentation d'armes bactériologiques sur des prisonniers chinois, coréens et russes par l'unité 731
  • à Singapour, massacre d'environ 10 000 civils
  • aux Phillippines, massacres de civils et marche de la mort de Bataan en 1942 [3]


Armes chimiques et bactériologiques

En Europe, les gaz de combat ne furent pas utilisés dans les combats entre belligérants, mais seulement contre les civils déportés, dans les camps d'extermination nazis.
Des réserves importantes de gaz tabun et sarin furent retrouvées en Allemagne en 1945, suffisantes pour tuer des millions de personnes. Elles furent immergées dans des caissons de béton sous la Manche. On s'inquiète de leur état de conservation aujourd'hui.

En Asie toutefois, les travaux des historiens Yoshiaki Yoshimi et Seiya Matsuno (Dokugasusen kankei shiryô II, Kaisetsu, 1997), démontrent que Hirohito permettait dès juillet 1937 l'utilisation systématique de gaz toxiques contre l'armée chinoise et les populations civiles. Par peur des représailles et afin de s'assurer que ces armes ne soient jamais employées contre des intérêts occidentaux, chaque utilisation faisait l'objet d'une directive spécifique approuvée par l'empereur et transmise par le chef d'état-major de l'armée, le prince Kan'in (le général Sugiyama à compter de 1940). Dès 1939, les armes chimiques furent employées en URSS et en Mongolie puis aux Philippines en 1942. A ces armes chimiques, s'ajoutent les armes bactériologiques employées à maintes reprises contre des civils en Chine et contre l'armée soviétique lors de la bataille de Halhin Gol.


Les bombardements alliés

Certains considèrent que les bombardements alliés, dont ceux commis à Dresde, Berlin, Tōkyō et surtout les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki constituent des crimes de guerre. D'autres font remarquer que ces bombardements avaient pour but de saper le moral et la volonté de combattre des puissances de l'Axe et ainsi de hâter la fin de la guerre. En particulier, le haut commandement japonais aurait été prêt à sacrifier plusieurs millions de soldats. Enfin la libération des milliers d'atolls occupés par les japonais était très coûteuse en vies.

Il faut également ajouter l'exécution sommaire de civils et de soldats alliés en uniforme (en particulier certains paras parachutés par le SOE afin d'encadrer les maquis ainsi que certains pilotes).

Consulter notamment les articles : Europe sous domination nazie, Amnésie sélective de guerre et Troubles comportementaux de guerre.

Expulsion des minorités allemandes d'Europe centrale

  • Il y avait en Europe centrale (Prusse, Tchécoslovaquie, Pologne et pays baltes) des implantations allemandes depuis de nombreux siècles. Les Allemands des Sudètes, dont les porte-paroles avaient demandé le rattachement à l'Allemagne, avaient servi de prétexte au démantèlement de la Tchécoslovaquie, accordé par les Accords de Munich en 1938.
  • Après la prise de ces territoires par l'armée soviétique, de nombreux Allemands, dont beaucoup avaient collaboré avec les nazis, furent expulsés ou fuirent ces régions pour l'Allemagne ou l'Autriche, dans des conditions souvent dramatiques.
  • Les Allemands de la Volga furent déportés en Sibérie.

Postérité de la Seconde guerre mondiale

Voir l’article Postérité de la Seconde guerre mondiale.

Après la Seconde Guerre Mondiale se sont dessinés les rapports de forces qui ont caractérisé la Guerre Froide, mais aussi un grand nombre de situations géopolitiques actuelles.

Le travail de reconstitution historique de cette période est toujours en cours, et sujet à de nombreuses controverses, propres à exacerber les sensibilités nationales : la collaboration française sous Vichy en est un exemple.

Par ailleurs, l'holocauste anti-juif en particulier a donné lieu à un important programme de dédommagements de guerre. Toutefois, les Alliés n'ont pas souhaité répéter l'erreur des dédommagements trop lourds exigés à l'Allemagne après la première guerre mondiale, ce qui a permis au pays de connaître un "miracle économique", et d'intégrer la Communauté Économique du Charbon et de l'Acier, prélude à la Communauté Européenne. Le Plan Marshall a permis aux économies européennes de se reconstruire.

Aspects politiques et sociaux

Dans plusieurs pays occupés par l'Allemagne, un gouvernement de collaboration se mit en place :

Mais la collaboration ne fut pas inévitable, certains pays refusèrent par exemple d'obliger leurs citoyens juifs de porter l'étoile jaune:

  • Moncef Bey, le souverain de Tunisie. Il décora par ailleurs une vingtaine de personnalités juives pendant la guerre.
  • le Bailli Coutanche de Jersey.
  • Le Roi du Danemark, en menaçant de la faire porter par la famille royale. La police danoise fit fuir les juifs de Copenhague vers la Suède.

Le Japon créa dans le nord de la Chine, en 1932 l'État du Mandchoukouo, état vassal sur le trône duquel était installé l'empereur Pu Yi.

Ils y ajoutèrent en 1940, à Nankin, le gouvernement collaborateur de Wang Tsing Weï, ancien leader nationaliste, se réclamant lui-aussi de Sun Yat Sen. Pour se donner un profil patriotique, ce gouvernement mit fin au régime des concessions européenne à Shanghaï.

Bilan

Voir l’article Bilan de la Seconde Guerre mondiale.

Œuvres liées

Chansons et poèmes

  • Tipperary : chanson britannique
  • Lili Marleen : chanson allemande avec des paroles inspirées d'un poème du soldat Hans Leip, sur une musique de Norbert Schultze.
  • Le Chant des partisans : chanson française avec des paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel sur une musique de Anna Marly.
  • Le Chant des déportés (ou Chant des marais) : chant composé, en 1934 par les détenus du K.Z. de Borgermoor.
  • Chant des Marines (“From the halls of Montezuma…”) : chant militaire américain
  • Yankee Doodle (“Yankee Doodle keep it up, Yankee Doodle Dandy…”) : chant patriotique américain
  • In the Mood : instrumental américain de Glenn Miller.
  • Les Ricains par Michel Sardou : évocation postérieure à la guerre.
  • Divers chants patriotiques soviétiques ont aussi marqué cette guerre, et notamment Moskva (Moscou) et Stalingrad, évoquant la résistance de ces deux villes, ainsi que Plaine Oh ma Plaine…. En outre, un chant communiste plus ancien revint alors à l'actualité, le chant russe des Partisans (« À l'appel du Grand Lenine, se levaient les partisans… [4]»). Malheureusement leurs airs nous étant seuls connus, il ne nous est pas possible d'en citer les paroles.
  • Fanny de Laninon, de Pierre Mac Orlan : une histoire d'amour (« … c'était elle ma bonne amie … »), la guerre en trois vers (« … Tonnerre de Brest est tombé, pas du bon côté, tout s'est écroulé … »), le désespoir du narrateur malgré la paix (« … J'n'ai plus rien en survivance … »).
  • Barbara, de Jacques Prévert : une histoire d'amour (« … Ruisselante ravie épanouie … »), la guerre en trois vers (« … Sous cette pluie de fer de feu d'acier de sang… »), le désespoir du narrateur malgré la paix (« … Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé … »).

Films

Article détaillé : Films sur la Seconde Guerre mondiale.

Voir aussi

Bibliographie

  • Henri Michel, Histoire de la Seconde Guerre mondiale, Paris, P.U.F., 1977.
  • Pierre Vallaud, La Seconde Guerre mondiale, Paris, Éd. Acropole, 2004.
  • Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, 3 tomes (1954-1959).
  • Liddell Hart, Histoire de la Seconde Guerre mondiale
  • François Kersaudy, De Gaulle et Churchill, Ed. Tempus, (2001).
  • Jean-Louis Crémieux- Brilhac, Prisonniers de la liberté - L’odyssée des 218 évadés par l’URSS, Ed. Gallimard, (2004).

Articles connexes

Les hommes 
Les pays


Les événements
Lieux de mémoire
Articles récapitulatifs
Autres

Liens externes

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