Vladimir Poutine

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Vladimir Poutine, le 8 septembre 2004
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Vladimir Poutine, le 8 septembre 2004
Russie


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Vladimir Vladimirovitch Poutine (Владимир Владимирович Путин est né le 7 octobre 1952 à Léningrad (aujourd’hui St-Pétersbourg), dans une famille de travailleurs..

Il est le président de la Fédération de Russie depuis mai 2000.

Sommaire

[modifier] Carrière professionnelle

Vladimir Poutine effectue des études de droit à l'Université de Léningrad où, grâce à son application, il progresse rapidement. Il obtient en 1975 son diplôme avec la mention très bien, son mémoire consacré à la politique des États-Unis en Afrique. Anatoli Sobtchak, à l’époque professeur à l’université et futur maire de la ville, est son superviseur académique.

Après une formation à Moscou, il rejoint en 1975 la première direction générale du KGB (renseignements extérieurs) à Léningrad, où il travaille pendant dix ans. En 1985, il sera envoyé en République démocratique allemande, dans le Groupe des forces armées stationné sur place. Il passe cinq ans à Leipzig où, sous la couverture de directeur de la « Maison de l’amitié germano-soviétique », il œuvre pour le KGB.

[modifier] Carrière politique

Gerhard Schröder et Vladimir Poutine
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Gerhard Schröder et Vladimir Poutine

Avec la réunification de l’Allemagne et le démantèlement des installations du KGB à Dresde, Poutine sera mis en réserve, retournant à Leningrad début 1990, en tant qu’adjoint aux affaires internationales du recteur de l’Université de Leningrad. Cette même année, Sobtchak l’invite à devenir conseiller aux affaires internationales du Soviet de la ville. De juin 1991 à juillet 1996, Poutine sera l’une des personnalités les plus influentes de la politique municipale, le « cardinal de l’ombre », officiellement comme président du Conseil de la ville. En août 1991, il joue un rôle invisible, mais crucial, dans les négociations délicates entre le KGB de Leningrad et les structures militaires liées aux putschistes de cette période. Il démissionne officiellement du KGB le 20 août 1991

De 1994 à 1996, il est premier adjoint du maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak (qui a été son professeur à la faculté de Droit). À l’automne 1995, Sobtchak le nomme président de la section locale de « Notre Maison la Russie » (NDR), le parti du Premier ministre Tchernomyrdine. Il sera chargé de diriger la campagne des élections législatives dans la région pour le compte de NDR. Il restera fidèle à Sobtchak malgré la défaite de ce dernier à l’élection municipale de 1996, refusant de travailler avec Iakovlev, de peur de donner l’« apparence de la trahison ». Il démissionne en 1996.

À Moscou, il sera nommé adjoint au directeur des affaires de la Présidence, Boris Ieltsine. En mars 1997, il entre dans l’administration présidentielle pour en devenir vice-président moins d’un an plus tard, doté de pouvoirs étendus, y compris la gestion des relations avec les régions. En juillet 1998, il est nommé directeur du FSB (Service fédéral de sécurité) où il reste un seul mois, jusqu’à la nomination de Primakov comme Premier ministre. Cette période est marquée par des luttes politiques intenses qui ont pour effet d’affaiblir Ieltsine, physiquement et politiquement, mais Poutine ne l’abandonne pas.

En 1999 commence l'ascension de V. Poutine, qui va porter cet homme peu connu au sommet du pouvoir en Russie. En août, il est nommé Premier ministre par Boris Ieltsine, le précédent chef de gouvernement, Stépachine, ayant été totalement discrédité par son inaction en août 1999, lorsque des immeubles locatifs ont été détruits à Moscou et Volgodonsk par des explosions attribuées aux indépendantistes tchétchènes, et que l'est du Daghestan était envahi depuis la Tchétchénie par des combattants islamistes emmenés par Chamil Bassaiev. Contrairement à Stepachine, donc, V. Poutine ordonne la reprise des hostilités en Tchétchénie dès le début du mois de septembre 1999, et motive cette décision par la nécessité de réagir aux attentats du mois d'août et de répondre à l'appel à l'aide lancé par les autorités du Daghestan.

Le déclenchement de la seconde guerre de Tchétchénie, sa réputation austère et intègre, son passé de sportif de haut niveau, font de lui l'homme politique le plus populaire de Russie dès le début de son mandat à la tête du gouvernement fédéral de Russie. Le 31 décembre 1999, à la suite de la démission de Boris Ieltsine, il devient président par intérim et, le 26 mars 2000, il remporte les élections présidentielles anticipées dès le premier tour, avec 52,52% des suffrages. Il entre officiellement en fonctions le 7 mai.

Depuis lors Vladimir Poutine gouverne avec un style autoritaire contrastant avec la période de désordre précédente, ce qui continue à plaire à une grande partie de la population russe. Cependant, cette manière de diriger semble avoir sonné le glas de la relative libéralisation introduite par Gorbatchev avec la Perestroïka et qui s'était poursuivie sous Eltsine après la chute de l'Union soviétique.

Si ses administrés apprécient en majorité l'autorité chez leurs dirigeants que Vladimir Poutine a énergiquement restauré, des associations de défense des droits de l'homme occidentales mais aussi russes (dont Memorial, fondée par Andreï Sakharov) lui reprochent le musellement des médias et des violations graves des droits de l'homme commises en Tchétchénie par les troupes fédérales russes et tchétchènes pro-russes.

Allié des occidentaux (bien qu'il surnomme les États-Unis d'Amérique camarade loup), Poutine a vu sa position internationale renforcée depuis que les États-Unis ont multiplié les mesures présentées comme destinées à la lutte contre le terrorisme suite aux attentats du 11 septembre 2001, à la guerre en Afghanistan, puis en Irak : les États-Unis, accusés de graves manquements aux Droits de l'homme, notamment en Irak, ne pouvant désormais plus aussi facilement dénoncer sa politique en Tchétchénie et les atrocités qui y étaient commises.

En Occident, beaucoup de dirigeants apprécient qu'il ait paru restaurer une stabilité favorable aux échanges économiques et propice aux contrats dans le domaine énergétique (les réserves de gaz russe sont considérables, même si, en raison de son peu de fiabilité, la Russie n'a pas encore été admise dans l'Organisation Mondiale du Commerce). L'économie de la Russie, en crise depuis la faillite de l'empire soviétique puis la liquidation du patrimoine national au profit des oligarques sous le gouvernement de Boris Ieltsine, sort donc peu à peu du chaos où elle se trouvait. Elle se relève financièrement, grâce à la hausse des cours du pétrole et du gaz qui ont permis le remboursement anticipé de la dette.

Cependant, Vladimir Poutine n'a pas mis fin pour autant à la désorganisation de l'économie consécutive à la faillite de l'Empire soviétique et à la période de libéralisation sauvage qui a suivi sous Eltsine, bien que les oligarques sans scrupules qui en avaient accaparé les ressources et le patrimoine industriel aient été mis au pas. Selon les partisans de Poutine, cette mise au pas est destinée à limiter l'influence des grands groupes russes nés lors de cette libéralisation de l'économie et de leurs dirigeants, impliqués dans des scandales de corruption. Selon ses détracteurs, cette action aurait eu plus des fins politiques qu'économiques, et ont été réalisées avec un arbitraire et une brutalité incompatibles avec la restauration d'une confiance sans laquelle aucun essor de l'économie n'est possible à l'ère de la mondialisation.

Il a été réélu triomphalement à la tête de la Russie en mars 2004, les autres candidats n'ayant proposé aucune alternative crédible. Comme attendu, Vladimir Poutine a été réélu à la tête de la Russie. Le Président sortant a recueilli 71,2% des suffrages (soit 18,3 points de plus que lors de la dernière élection présidentielle du 26 mars 2000) contre 13,8% à son principal adversaire Nikolaï Kharitonov, candidat du Parti communiste (PCFR), un résultat inattendu et honorable bien qu’inférieur de 15,4 points à celui obtenu par Guenadi Ziouganov quatre ans auparavant. Enfin, la candidate libérale, Irina Khakamada, recueille 3,9% des voix et réalise un score supérieur à celui que lui prédisaient les enquêtes d’opinion. L’abstention, seul véritable objet d’inquiétude de la part du Kremlin qui était assuré de la victoire de son candidat, s’est élevée à 35,73%.

Le 27 septembre 2005, il déclare de ne pas avoir l'intention de modifier la Constitution afin de briguer un troisième mandat présidentiel en 2008.

Le 23 septembre 2006, il se voit élevé par le Président de la République Français Jacques Chirac au grade de Grand Croix dans l'ordre de la Légion d'Honneur.

Vladimir Poutine et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva
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Vladimir Poutine et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva

[modifier] Vie privée

Vladimir Poutine est à certains égards un dirigeant russe atypique.

Relativement jeune, c'est un sportif accompli : il pratique la lutte russe, le sambo et le judo depuis l'âge de 11 ans et est devenu plusieurs fois champion de sambo de Saint-Pétersbourg. En 1973, s'est vu conférer le titre de maître ès sports de sambo, puis reçoit en 1975 le même titre pour le judo. Il joue également au tennis et fait du ski. Il parle couramment l'allemand et l'anglais.

Il est marié et père de deux filles, Maria et Katerin. Il possède une datcha près de Moscou.

[modifier] Liens externes

[modifier] Documentaire

[modifier] Bibliographie

  • Pierre Lorrain, La Mystérieuse Ascension de Vladimir Poutine, Editions du Rocher, 2000 (réédité en 2004)

[modifier] Liens internes

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